Un employé d’entretien d’un fournisseur de services de la police de Montréal a été arrêté hier après avoir été pris en flagrant délit au moment où il installait une caméra dans les toilettes des femmes d’un centre d’enquête, a appris La Presse.  

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Selon nos informations, le suspect, dans la mi-trentaine, aurait été appréhendé en début d’après-midi, alors qu’il s’affairait à fixer une caméra dans une poubelle de la toilette du rez-de-chaussée du centre opérationnel Sud du SPVM, situé sur la rue Guy, au centre-ville de Montréal. C’est une employée civile du SPVM qui aurait pris l’individu sur le fait. Par la suite, une caméra aurait été découverte dans le matériel d’entretien du suspect.  

Au SPVM, on a confirmé à La Presse avoir procédé à l’arrestation mardi d’un employé d’une entreprise qui effectue l’entretien ménager dans ses locaux, sans toutefois donner plus de détails.  

L’enquête a été confiée à des enquêteurs de la région Ouest du SPVM. L’homme a été interrogé et sa résidence perquisitionnée. Les enquêteurs étaient notamment à la recherche d’autres appareils électroniques, de caméras et d’images compromettantes qui auraient pu être conservées. Le SPVM confirme que du matériel permettant de filmer a été saisi.  

« L’individu a collaboré avec les enquêteurs. Tout porte à croire pour le moment qu’il n’y a pas eu de diffusion des images sur le web et qu’elles n’ont pas été distribuées », a affirmé une source policière à La Presse.  

Il semble que le suspect aurait installé une caméra dans les toilettes à un certain moment durant son quart de travail, et qu’il l’aurait retirée avant de terminer sa journée, faisant ainsi en sorte que l’appareil n’aurait pas tourné en continu. Il aurait fait ce manège dans au moins un autre endroit.

Selon nos informations, l’homme effectue l’entretien ménager dans les locaux du SPVM depuis quatre ou cinq ans. Il aurait fait le ménage dans d’autres bâtiments, postes de quartier et centres d’enquête du SPVM, et les policiers tenteront de déterminer depuis combien de temps il aurait posé les gestes reprochés et s’il a pu en commettre ailleurs qu’au centre d’enquête sud.  

L’homme a été libéré sur promesse de comparaître. Un procureur étudiera le dossier et il pourrait être accusé de voyeurisme.  

D’après nos renseignements, le suspect serait un ancien gardien de sécurité. Tous les employés civils du SPVM et des sous-traitants qui circulent dans les bâtiments de la police doivent recevoir une accréditation sécuritaire délivrée par la Section de la probité organisationnelle du SPVM.  

Cette affaire soulève des questionnements au sein des rangs policiers quant au traitement des accréditations sécuritaires des fournisseurs de services du SPVM.  

« Pour avoir travaillé dans plusieurs sections, je peux dire que des dossiers d’enquête, même sensibles, ne sont pas sécurisés, et que les préposés à l’entretien peuvent y avoir accès très facilement », nous a confié une source policière qui a requis l’anonymat, car elle n’a pas été autorisée à nous parler.  

En entrevue à La Presse, l’inspecteur André Durocher explique que les firmes qui offrent des services au SPVM, ainsi que leurs employés, font l’objet d’une enquête de sécurité.

Sans vouloir commenter le cas précis, M. Durocher affirme qu’il existe différents niveaux d’enquête, par exemple pour un employé d’entretien, et que ses antécédents sont vérifiés, qu’une recherche est faite sur lui sur des sources ouvertes, et qu’il est rencontré en entrevue.

« Une telle enquête se répète aux quelques années. Dans ce cas-ci, on ne parle pas d’un bris de sécurité, comme par exemple d’un vol de documents ou d’informations sensibles. On parle d’un acte criminel présumé », dit l’inspecteur Durocher.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à
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