Christian Pépin était en prison depuis moins de deux mois pour l’homicide de sa mère et de sa grand-mère lorsqu’il a commis à nouveau un meurtre, cette fois sur un autre détenu qu’il croyait « pédo », selon ses mots. Mardi, il a plaidé coupable du meurtre au deuxième degré de Keven Paillé.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

« Je vous souhaite une amorce de guérison », a lancé le Juge Marc David à Christian Pépin, tout juste après l’avoir condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour les meurtres prémédités de sa mère et de sa grand-mère, commis en mars 2018.

Pendant cette audience, le meurtrier avait confié qu’il a été abusé dès l’âge de neuf ans. À d’autres reprises, il a aussi vociféré contre les pédophiles avant de prendre le chemin de la prison.

Alors qu’il était détenu au pénitencier Archambault depuis près de deux mois, dans une aile pour les personnes ayant des problèmes psychiatriques, Christian Pépin est entré dans la cellule de Keven Paillé, a donné 41 coups avec un objet piquant (qui pourrait correspondre à un stylo Bic trouvé par la suite dans la cuve de toilette) et l’a l’étranglé.

« J’ai fait ce que j’avais à faire, je l’ai tué », a dit Christian Pépin à un agent des services correctionnels, alors qu’il se trouvait toujours sur la victime.

Plusieurs agents et infirmiers ont pratiqué des manœuvres de réanimation sur la victime, mais son décès a été constaté à l’hôpital de Cité-de-la-Santé à Laval.

À un autre agent, il expliquera plus tard : « Un codétenu m’a dit qu’il était “ pédo ” et j’ai fait ce que j’avais à faire, mais quand je l’étouffais, il est venu et m’a tiré sur le bras en me disant que c’était une joke. Ce gars-là a poignardé 2 personnes c’est pour ça qu’il est ici. »

Keven Paillé avait en fait été condamné à une peine à durée indéterminée pour une agression gratuite sur deux hommes à Trois-Rivières. Il avait été déclaré délinquant dangereux.

Christian Pépin n’a jamais nié son crime : « je l’ai tué, point final, anyway je ne sors pas déjà, ça ne change rien. »

Avant d’assassiner sa mère et sa grand-mère, il sortait d’une peine d’environ dix ans de pénitencier.

Il avait commis dans le passé de nombreuses agressions violentes sur des inconnus, et même sur des détenus, révèle une décision de 2016 de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). Il avait écopé de plus de deux ans de pénitencier pour avoir volé, puis frappé au visage un inconnu dans un parc en novembre 2013.

Christian Pépin a plaidé coupable, mardi dernier. Il connaîtra sous peu sa sentence. La Couronne pourrait demander une peine consécutive à celle qu’il purge déjà.

— Avec la collaboration de Louis-Samuel Perron