Trois femmes et cinq hommes ont été arrêtés à Gatineau en lien avec une opération policière d’envergure qui avait pour objectif le démantèlement d’un réseau de trafic de stupéfiants « faisant la vente de fentanyl », ont dévoilé les autorités locales.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« L’enquête de quelques semaines a débuté grâce à de l’information en provenance du public », a indiqué le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) dans un communiqué vendredi après-midi. Au total, cinq perquisitions ont été menées, dont deux résidences et deux unités d’habitation dans le secteur d’Aylmer. Une autre adresse a également située à Val-des-Monts a aussi été visée, de concert avec le Service de la sécurité publique de la MRC Des Collines-de-l’Outaouais.

Les policiers ont saisi plusieurs types de stupéfiants lors de l’opération, dont de la cocaïne, du cannabis « illégal » et de la méthamphétamine en grande quantité, ainsi que 28 grammes de haschich, 20 grammes de champignons magiques et une « petite quantité » de fentanyl.

Un millier de comprimés de speed ont aussi été retrouvés, tout comme une arme à impulsion électrique, une machette, un fusil à plomb, un bâton rétractable, une arme à air comprimé et des munitions. Les sommes en argent saisies totalisent 12 500 $.

Entre-temps, les huit individus arrêtés ont été libérés sous promesse de comparaître. Différentes accusations en lien avec le trafic de stupéfiants devraient être déposées contre eux ; pour l’instant, les chefs ont été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui en fera l’analyse.

Plusieurs unités du SPVG ont été déployées lors de cette intervention qui s’est déroulée jeudi, dont le Groupe d’intervention et l’unité canine. Toute personne qui détient de l’information pertinente dans cette affaire est invitée à communiquer le plus rapidement possible avec la ligne info de la police de Gatineau, en composant le 819-243-INFO.

« La criminalité change »

Jointe par La Presse, la porte-parole de la police gatinoise, Andrée East, indique que « plusieurs grosses interventions » liées au trafic de stupéfiants ont eu lieu cette année à Gatineau. En matière de criminalité au sens large, elle dit avoir constaté une certaine « migration » des infractions depuis le début de la COVID-19.

On a eu une très grosse baisse du niveau de plaintes au début de la pandémie. Ça se dirigeait plus vers des crimes de la propriété en ligne, donc beaucoup plus de fraude. La criminalité change.

Andrée East, porte-parole du SPVG

Celle-ci rapporte par ailleurs une « augmentation de l’intensité » des crises de personnes en état de détresse psychologique. « Des prises de périmètres qui durent plusieurs heures, il y en a eu davantage cette année », note la porte-parole.

Le corps policier note aussi une baisse « inquiétante » du nombre de plaintes en violence conjugale. « On pense que les victimes sont prises avec leur agresseur, et n’ont pas la chance de dénoncer ou de sortir du milieu violent. Notre chiffre noir en violence intrafamiliale s’agrandit », dit Andrée East, qui assure que des campagnes pour favoriser la dénonciation sont mises sur pied.