L’ex-pilote condamné à une longue peine de prison pour avoir saboté des lignes à haute tension d’Hydro-Québec et avoir fait incendier les résidences de fonctionnaires a été arrêté jeudi par la Sûreté du Québec, a appris La Presse. Remis en liberté pendant son appel, Normand Dubé aurait bafoué à de nombreuses reprises ses conditions depuis un an.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’homme de 58 ans fait face à neuf chefs d’accusation pour n’avoir pas respecté des ordonnances de la cour depuis novembre 2019, comme « garder la paix » et ne pas se trouver dans une autre ville sans en informer les policiers. On lui reproche aussi de ne pas être demeuré en tout temps chez lui, sauf exception, le 11 novembre dernier. Plusieurs chefs se répètent toutefois en raison de récents changements à la Loi.

Normand Dubé doit comparaître jeudi après-midi au palais de justice de Saint-Jérôme. Il risque maintenant de demeurer derrière les barreaux jusqu’à la conclusion de ses procédures d’appel. La Couronne devra retourner devant la Cour d’appel du Québec pour annuler les conditions de remise en liberté du criminel.

L’attaque sans précédent de Normand Dubé contre les lignes de transport à haute tension d’Hydro-Québec en décembre 2014 a marqué les esprits. En pleine vendetta contre Hydro-Québec, l’ancien « pilote des stars » a causé des pertes de 29 millions à la société d’État et a privé d’électricité 180 000 foyers québécois.

Mais pire encore, son attaque a bien failli entraîner une véritable catastrophe, puisque le Québec est passé à deux doigts d’une « panne totale ». Le sabotage a provoqué une crise « extrêmement sévère » chez Hydro-Québec. Une ordonnance de non-publication pour motifs de « sécurité nationale » couvre le modus operandi utilisé par le pilote d’avion pour provoquer des courts-circuits sur les lignes électriques.

Normand Dubé a été condamné à sept ans de pénitencier en décembre 2018, alors que le procureur de la Couronne, MSteve Baribeau, réclamait la peine maximale de 10 ans. La Cour d’appel l’a alors libéré une première fois pendant son appel sous de sévères conditions, dont l’imposition d’un couvre-feu et une interdiction de voler dans un aéronef. En plus d’un dépôt personnel de 10 000 $, un proche s’engageait au montant de 20 000 $.

Dans un autre dossier, Normand Dubé a été condamné à neuf ans de pénitencier – à purger de façon concurrente à son autre peine – pour avoir intimidé trois fonctionnaires et fait incendier leur résidence pour se venger à la suite de banals litiges administratifs.

Selon la Couronne, Normand Dubé s’en était pris à ses victimes « pour assouvir une vengeance impulsive et incompréhensible ». L’accusé avait embauché des hommes de main pour lancer des cocktails Molotov dans les résidences de fonctionnaires. Normand Dubé leur en voulait pour des banalités, comme une contravention ou la contestation de son rôle d’évaluation foncière.

PHOTO DÉPOSÉE EN COUR

Un camion incendié par des hommes de main embauchés par Normand Dubé.

En octobre 2019, la Cour d’appel a de nouveau permis la libération de Normand Dubé sous de strictes conditions pendant ses procédures d’appel. Le pilote était alors soumis à pas moins de 24 conditions. Il lui est depuis requis de demeurer en tout temps chez lui à quelques exceptions près. Notons que la Couronne a également porté en appel la décision sur la peine. Le ministère public demande que les peines de Normand Dubé soient purgées de façon consécutive.