Les recherches reprennent lundi matin pour localiser deux hommes de 22 ans, originaires de Mascouche, disparus depuis samedi sur le lac des Deux Montagnes. Leur embarcation de pêche a été retrouvée dimanche.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

(Saint-Placide) La pêche avait été si bonne la semaine précédente qu’ils s’étaient promis une dernière sortie avant de remiser la chaloupe pour l’hiver. Mais la météo est venue gâcher l’ultime partie de pêche des deux amis. Plus de 24 heures après leur départ sur les eaux du lac des Deux Montagnes, Dylan Auger et Antoine Paquin, 22 ans, restaient introuvables dimanche soir.

« Ce n’est pas une histoire de drogue ou d’alcool… Ils tripaient sur la pêche. Ils étaient venus la semaine dernière et avec le changement de météo, ç’a été la sortie de trop », a laissé tomber le beau-père de Dylan, Éric Labrecque. « Au début de la journée, c’était super calme, mais le vent s’est levé d’un coup. Ils ont été surpris par le changement de météo. Ils ont voulu revenir. »

Plus de 24 heures se sont écoulées depuis le dernier signe de vie de Dylan et d’Antoine. Au quai municipal de Saint-Placide, où se trouve le poste de commandement des recherches, la Sûreté du Québec (SQ) et la Garde côtière canadienne pliaient bagage, alors que la nuit commençait déjà à tomber.

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Le quai municipal de Saint-Placide, où se sont réunis famille et amis des jeunes hommes disparus

Sous la pluie froide et lourde, deux policiers fixaient à leur remorque l’une des embarcations ayant servi aux recherches durant la journée.

« On revient demain matin, première heure », a laissé savoir l’un des deux.

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Les proches des jeunes hommes, présents au quai municipal de Saint-Placide, s’enlacent en se promettant d’aller récupérer un peu de sommeil avant la reprise des recherches le lendemain matin.

Les proches des disparus, qui ont fait le pied de grue au bord du lac une partie de la nuit de samedi à dimanche et toute la journée de dimanche depuis le petit matin, rentraient chez eux. Ceux qui restaient s’enlaçaient en se promettant d’aller récupérer un peu de sommeil avant la reprise des recherches, lundi matin.

« Dès que je l’ai su, hier, je suis venu ici. On n’a pas dormi de la nuit. Hier soir, il y avait déjà des bateaux et des hélicoptères », a témoigné le père de Dylan, Luc Auger.

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Les proches des jeunes hommes de 22 ans ont fait le pied de grue au bord du lac une partie de la nuit précédente et toute la journée depuis le petit matin.

Policiers, pompiers et garde côtière unissent leurs efforts sur l’eau, sur terre et dans les airs pour retrouver les deux jeunes, disparus depuis samedi après-midi. En fin de matinée dimanche, la chaloupe des pêcheurs a été retrouvée au large de la Pointe-aux-Anglais, à Oka. Quelques objets, comme un sac à dos et une boîte à lunch, ont aussi été récupérés dans les eaux agitées du lac – si agitées, d’ailleurs, que les plongeurs de la SQ dépêchés sur place n’ont finalement pas pu s’y aventurer pour joindre leurs efforts aux recherches.

« Sois prudent »

Dylan et Antoine sont amis depuis leur première année de secondaire à l’école Armand-Corbeil de Terrebonne, où ils jouaient au football ensemble dans le programme sport-études. Antoine travaillait maintenant pour son père dans le domaine de la construction, et Dylan était sur le point d’obtenir son diplôme en soins infirmiers.

PHOTOS TIRÉES DE LA PAGE FACEBOOK DE GUILLAUME LAROCHE

Antoine Paquin (à gauche) et Dylan Auger (à droite)

Avec leur ami Guillaume, ils sortaient presque toutes les semaines pour aller pêcher.

« C’était notre passion, c’était notre activité de COVID. On allait là pour avoir du plaisir, et jamais je n’aurais pu penser que quelque chose comme ça arrive. Antoine venait d’acheter son pick-up, sa chaloupe, il s’était tout équipé pour la pêche », a raconté leur meilleur ami, Guillaume Laroche, qui devait se joindre à eux samedi.

« Ils m’ont texté vendredi soir, et je me suis dit : ‟il va faire froid, il va venter”, et finalement j’ai cancellé », a raconté Guillaume, joint par téléphone. « On était allés sur le lac des Deux Montagnes la semaine passée et on avait pêché deux-trois muskis. Je suis sûr qu’ils ont refait le même parcours. Antoine se disait que c’était sa dernière pêche de l’année. »

Quand Dylan a quitté le nid familial, samedi matin, il a salué ses parents comme à l’habitude.

Il est parti de la maison le matin, je lui ai dit : ‟Bonne journée, mon ange, sois prudent”. Puis il est parti…

Judith Besner, mère de Dylan

Selon elle, son fils a écrit à une amie vers 10 h 45 pour lui dire qu’ils comptaient rentrer plus tôt à cause de la météo. Guillaume a reçu un dernier message de ses amis entre midi et 13 h, samedi : une vidéo Snapchat dans laquelle il pouvait voir qu’il ventait et que l’embarcation tanguait sur l’eau houleuse.

« Chaque fois qu’on allait pêcher, on était tout équipés, avec un système de sécurité, des phares, des lumières, nos vestes de sauvetage. Je ne sais pas ce qui est arrivé… C’est sûrement un bête accident », avance Guillaume, qui assure que ses amis « avaient une bonne tête sur les épaules ».

Les recherches doivent reprendre à 8 h, lundi matin. Si la météo le permet, les plongeurs de la Sûreté du Québec pourront commencer les recherches sous-marines, alors que des embarcations sillonneront de nouveau une partie des 150 km2 du lac des Deux Montagnes, dont la profondeur atteint jusqu’à 49 mètres.