La Couronne a décrit le témoignage d’Éric Salvail comme un tissu de mensonges, d’exagérations et d’invraisemblances. Elle demande au juge de le rejeter, et ce, « en totalité ». Le verdict du procès est attendu le 18 décembre prochain.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Après avoir entendu les plaidoiries de l’avocat de la défense mercredi, le juge Alexandre Dalmau a entendu celles de la procureure de la Couronne, MAmélie Rivard, jeudi au palais de justice de Montréal, au procès d’Éric Salvail. « Il est clair pour moi que l’accusé a menti à la cour pour se donner une image faussement positive. »

Elle a poursuivi : « l’accusé, face à toutes ces contradictions, ne mérite pas d’être cru. Au contraire, je crois que le tribunal est à même de constater toute l’invraisemblance, l’exagération et le mensonge. » La position de la Couronne est donc claire : le juge devrait « rejeter son témoignage. Et en totalité. »

En ce qui concerne l’argument de la défense qui soutient que M. Salvail ne travaillait pas – ou si peu – au département du courrier en même temps que la présumée victime, Donald Duguay, la procureure a affirmé que le dossier d’employé de Radio-Canada d’Éric Salvail ne le prouve pas. D’après MRivard, il a travaillé à Radio-Canada au « moins une quarantaine de jours » pendant la période où se seraient déroulés les évènements.

« L’affirmation convaincue de M. Salvail à l’effet que son dossier d’employé démontre qu’il n’a jamais travaillé avec Donald Duguay, c’est faussé, M. le juge. C’est faussé, c’est erroné sur plusieurs égards. »

La Couronne a aussi évoqué que la portion du témoignage de l’ex-animateur à propos de sa moralité, et du fait qu’il n’avait pas de comportements problématiques et qu’il ne franchissait jamais la ligne est « cousue de fil blanc ».

Éric Salvail avait de son propre aveu admis un « comportement problématique » dans une publication Facebook, dans la foulée de la vague de dénonciations à son sujet en octobre 2017, a expliqué la Couronne.

« On fait une publication sur Facebook en période de crise dans laquelle on reconnait des comportements problématiques, on reconnait qu’on a offensé des gens, on reconnait qu’on l’a franchi cette ligne-là. Et puis, devant la cour, M. Salvail a été incapable de l’admettre », a affirmé MAmélie Rivard.

Ça mine sa crédibilité. Je trouve que les justifications sur le sujet font juste accentuer la grossièreté du mensonge par rapport à la situation.

MAmélie Rivard, procureure de la Couronne

De plus, la Couronne prétend que le tribunal a la preuve que l’accusé « agresse des gens dans la vie » grâce aux témoignages de trois anciens collègues de M. Salvail déposés en preuve. Même s’ils n’ont pas porté plainte pour agression sexuelle, MRivard avance que les gestes reprochés par les trois hommes « sont des agressions ». Par exemple, de mettre sa main dans la culotte d’un d’entre eux pour toucher son pénis ou de « saisir par en arrière » un autre.

« L’accusé est quand même venu dire qu’il n’agressait pas les gens dans la vie, et que, c’est pour ça qu’il n’a pas agressé Donald Duguay », a évoqué MRivard. « Vous avez la preuve qu’il agresse les gens dans la vie, M. le juge. »

En après-midi, l’avocat de la défense, Me Michel Massicotte, a répliqué à nouveau que son client ne travaillait pas au même département de Radio-Canada que M. Duguay pendant la période des évènements allégués.

Maintenant que les plaidoiries sont terminées, le juge Dalmau doit rendre son verdict, le 18 décembre prochain.