Éric Lapointe a plaidé coupable à une accusation de voies de fait à l’endroit d’une femme en cour municipale. Le chanteur espère que le juge acceptera la suggestion commune des avocats, qui demandent de lui accorder une absolution conditionnelle.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Alors que le procès d’Éric Lapointe devait avoir lieu à la fin du mois, le célèbre chanteur était présent pour la première fois à la cour municipale de Montréal mercredi pour plaider coupable à l’accusation.

« Dans la dernière année, j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir aux évènements survenus le 30 septembre 2019, a confié la vedette de la chanson au juge, debout en cour en lisant une déclaration écrite. Je regrette sincèrement les gestes que j’ai posés ce matin-là. Je sais pertinemment que l’état d’intoxication dans lequel je me trouvais n’excuse en rien mon comportement. »

Son avocat, MJacklin Turcot, a lu au juge Steeve Larivière l’exposé conjoint des faits, signé par les deux parties. Les évènements sont survenus après une soirée où le chanteur célébrait son 50e anniversaire. « Une fois la soirée de fête terminée, raconte-t-on dans le document, M. Lapointe retourne à son domicile, accompagné d’une amie, afin de continuer de festoyer. » Vers 6 h 45 le matin, une autre femme, c’est-à-dire la victime qui était sobre au moment des faits, s’est rendue à la cuisine où M. Lapointe est assis, « seul et intoxiqué ».

« Lors d’échanges tendus entre eux sur différents sujets, M. Lapointe s’approche de la plaignante, pose sa main sur le cou de cette dernière tout en l’adossant contre le garde-manger », a lu MTurcot en cour.

La victime a alors pris son cellulaire pour joindre le 911. Après avoir rapporté l’évènement, elle a indiqué au répartiteur « ne pas avoir peur de M. Lapointe ». À l’arrivée des autorités policières, « la plaignante n’a pas de blessures physiques apparentes », lit-on également dans l’exposé conjoint des faits.

À propos de son intoxication au moment des évènements, Éric Lapointe a dit au juge : « Ça me donne une raison supplémentaire pour continuer le combat que je mène contre l’alcoolisme depuis plusieurs années. J’espère que madame me pardonnera un jour. »

La victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, n’était pas à la cour municipale mercredi après-midi. La procureure de la Couronne, MChristine Plourde, a souligné que le processus judiciaire était « difficile » pour elle.

Les deux parties ont annoncé au juge qu’elles s’étaient entendues sur une suggestion commune d’absolution conditionnelle assortie d’une probation d’un an où M. Lapointe doit « garder la paix et avoir une bonne conduite ». Il doit aussi s’abstenir de communiquer avec la plaignante ou d’être en présence physique de celle-ci, sauf avec son consentement.

Si Éric Lapointe respecte ses conditions, son casier judiciaire sera retiré dans quelques années.

De plus, MTurcot a informé que son client avait fait un don de 3000 $ à l’organisme Côté cour, visant à offrir de l’aide spécialisée à des personnes victimes de violence conjugale ou familiale.

L’ancien coach de La voix, qui n’a pas d’antécédent judiciaire, a également consulté « de son propre gré », peu de temps après l’évènement, une thérapeute en relation d’aide « qui lui a fait grand bien », a indiqué son avocat.

Mercredi en fin de journée, le juge Steeve Larivière a indiqué qu’il ne voulait pas prendre une décision précipitée. Il va donc rendre sa décision le 27 octobre prochain. Il annoncera alors s’il entérine la suggestion commune des avocats.