« Claude Gauthier a formé avec d’autres individus une organisation criminelle qui a opéré un réseau de trafic de stupéfiants à Saint-Jean-sur-Richelieu et dans les villes environnantes. »

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

C’est par cette déclaration que la procureure du Bureau de la grande criminalité et des affaires spéciales, MMarie-France Drolet, a ouvert le procès du Hells Angel Claude Gauthier, accusé de trafic de drogue et de gangstérisme, mardi matin, au palais de justice de Montréal.

Gauthier, membre de la section des Hells Angels de Trois-Rivières, a été arrêté en compagnie d’une trentaine d’individus dans le cadre d’une enquête de l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) baptisée Orque et menée au printemps 2019. Il est le seul de tous les accusés à ne pas avoir plaidé coupable et à avoir opté pour un procès.

« Gauthier était propriétaire d’un territoire de trafic de stupéfiants à Saint-Jean-sur-Richelieu et percevait des redevances d’un coaccusé, Pascal Facchino [un autre membre des Hells Angels], qui lui avait un rôle de gestionnaire. Les deux hommes se sont vus près de 60 fois durant l’enquête » a poursuivi MDrolet.

Placer les pièces du casse-tête

La preuve de la poursuite que MDrolet a qualifiée de « circonstancielle » est basée sur des centaines de conversations d’écoute électronique, des filatures, des balises GPS, des entrées subreptices par les policiers, notamment dans un mini-entrepôt qui aurait servi de cache de drogues, et de vidéos captées par des caméras installées par les policiers chez Gauthier, chez ses principaux complices et dans leur véhicule. Sur certaines des vidéos, on voit des suspects compter des liasses d’argent.

Avant le procès, la défense, assumée par MMylène Lareau et MAnnie Lahaise, a échoué dans sa tentative de faire exclure une quinzaine de conversations d’écoute électronique litigieuses.

Les criminalistes ont toutefois présenté une autre requête demandant l’exclusion de l’écoute électronique et des vidéos qui visent spécifiquement Claude Gauthier au juge Claude Leblond, de la Cour du Québec, qui préside le procès. Ce dernier a écouté les parties et pris la demande en délibéré. En attendant, le procès se déroule sans preuve d’écoute électronique, au moins pour les deux prochaines semaines.

La poursuite a commencé mardi par présenter des photos de perquisitions et des vidéos de caméras de surveillance.

  • Le local des Hells Angels de Trois-Rivières à Saint-Cuthbert photographié le soir de la perquisition des policiers, le 7 décembre 2018

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    Le local des Hells Angels de Trois-Rivières à Saint-Cuthbert photographié le soir de la perquisition des policiers, le 7 décembre 2018

  • L’un des bâtiments de la propriété de Saint-Cuthbert abrite une grande salle décorée aux couleurs des Hells Angels.

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    L’un des bâtiments de la propriété de Saint-Cuthbert abrite une grande salle décorée aux couleurs des Hells Angels.

  • Le local des Hells Angels de Trois-Rivières possède aussi son bar.

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    Le local des Hells Angels de Trois-Rivières possède aussi son bar.

  • Un des motards a visiblement jeté son appareil de communication dans la cuve de la toilette à l’arrivée des policiers.

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    Un des motards a visiblement jeté son appareil de communication dans la cuve de la toilette à l’arrivée des policiers.

  • Les policiers ont découvert plusieurs vêtements à l’effigie des Hells Angels dans une chambre ayant des lits superposés, dans le local de Saint-Cuthbert

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    Les policiers ont découvert plusieurs vêtements à l’effigie des Hells Angels dans une chambre ayant des lits superposés, dans le local de Saint-Cuthbert

  • Des vêtements à l’effigie des Hells Angels ont également été saisis chez Claude Gauthier durant l’enquête Orque.

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    Des vêtements à l’effigie des Hells Angels ont également été saisis chez Claude Gauthier durant l’enquête Orque.

  • Lors de leur perquisition chez Claude Gauthier, les policiers ont mis la main sur quelques bouteilles de vin cuvée Hells Angels.

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    Lors de leur perquisition chez Claude Gauthier, les policiers ont mis la main sur quelques bouteilles de vin cuvée Hells Angels.

  • Une table de billard, un incontournable dans un local des Hells Angels

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    Une table de billard, un incontournable dans un local des Hells Angels

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En décembre 2018, les enquêteurs ont notamment surpris plusieurs membres des Hells Angels rassemblés dans leur local de Saint-Cuthbert, et photographié plusieurs objets à l’effigie du club de motards criminels.

Ils ont également saisi des vêtements et d’autres éléments de preuve lors d’une perquisition chez Claude Gauthier, à Nicolet.

Sur une vidéo déposée mardi, on aperçoit un autre coaccusé, Denis Savoie, se rendre à plusieurs reprises, en octobre 2018, dans un mini-entrepôt du boulevard Industriel à Chambly et manipuler des pneus, entre autres.

Sur d’autres vidéos présentées au juge Leblond, on peut voir Pascal Facchino et un autre coaccusé, Todd Bissett, se rendre dans un commerce, Urban Média.

Claude Gauthier suit son procès à distance, en visioconférence, à partir de la prison où il est détenu.

La retransmission de la preuve par des moyens électroniques est à l’origine de problèmes techniques qui ont retardé le déroulement des procédures durant environ une heure, mardi.

Le procès devrait durer au moins jusqu’à la fin d’octobre. MIsabelle Poulin fait équipe avec la procureure MDrolet.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.