Un camion-citerne transportant environ 5000 litres de diesel a pris feu tôt, lundi matin, sur la route 223, entre Saint-Basile-le-Grand et McMasterville, ce qui a entraîné le déversement d’une partie importante de sa cargaison dans la rivière Richelieu. Le chauffeur s’en est tiré indemne, mais le pire a été évité de justesse, raconte un témoin.

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

François Ménard a tout vu. N’eût été son intervention, le camionneur aurait pu y laisser sa vie.

M. Ménard roulait sur la route 223 en direction de son travail, vers 5 h 30 du matin, quand il a senti une odeur de frein brûlé. Il a aussi vu des débris en feu sur la chaussée.

« Je n’en ai pas fait de cas parce qu’il n’y avait personne devant moi, dit-il. Mais quand j’ai rattrapé le camion, j’ai vu une lueur en dessous, à l’arrière. Je me suis approché le plus vite possible. C’est là que j’ai vu les flammes qui sortaient. »

M. Ménard, qui est aussi camionneur dans la vie, a composé le 911.

« J’ai donné la position du camion. Pendant que je parlais avec la préposée aux télécommunications, je klaxonnais, je faisais aller les hautes pour attirer l’attention du camionneur, qui ne semblait pas voir le feu. Il y avait juste des flammes, il n’y avait pas beaucoup de fumée. »

Une centaine de mètres plus loin, le camionneur a mis les freins.

« Quand je suis arrivé à côté de lui, il y a eu un “pow” ! Un pneu a éclaté avec la chaleur. Le temps que le camionneur sorte de sa cabine, il y a eu une épaisse fumée noire entre nous deux. »

M. Ménard s’est assuré que le chauffeur était en sécurité et que les secours étaient en route avant de poursuivre son chemin. « Je suis allé chercher mon camion pour commencer ma journée », dit celui qui a été préposé aux télécommunications du 911 pendant 10 ans avant de se réorienter.

« C’est peut-être mon ancien emploi qui a encore des effets sur moi », lance-t-il.

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Des équipes et des pompiers ont rapidement été dépêchés sur les lieux. De concert avec Environnement Québec, la Régie intermunicipale de sécurité incendie de la Vallée-du-Richelieu a décidé de ne pas éteindre le feu qui dévorait le camion.

« On voulait que les hydrocarbures se consument plutôt que d’aller dans l’environnement », explique Sylvain Labrecque, directeur adjoint aux affaires internes de l’organisme.

Les opérations pour récupérer le maximum de produits pétroliers dans la rivière Richelieu ont pris fin vers 13 h, sept heures après le début de l’incendie, qui n’a pas fait de blessé.

« On a installé des estacades pour essayer de retenir le plus possible les hydrocarbures à la surface de l’eau. Environnement Québec a fait venir des entreprises pour aspirer les produits. Finalement, elles ont arrêté les opérations parce que les quantités n’étaient pas assez significatives. Elles aspiraient plus d’eau que d’hydrocarbures », précise M. Labrecque.

Les produits pétroliers non récupérés ont été emportés par le courant, puissant dans la rivière Richelieu. Selon le directeur adjoint de la Régie intermunicipale de sécurité incendie de la Vallée-du-Richelieu, le diesel se rendra dans le fleuve et « ça va tout se diluer ».