(Saint-Apollinaire) La Sûreté du Québec a poursuivi mardi ses recherches pour retrouver Martin Carpentier dans un immense périmètre. Mais la police n’écarte pas la possibilité que le fugitif soit rendu très loin de Saint-Apollinaire.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Les policiers ont étendu mardi leur périmètre d’opération dans l’espoir de débusquer le père des deux petites filles retrouvées mortes samedi. C’est désormais un immense secteur de 50 km2, quadrillé de bois et de champs agricoles, que ratissent les forces de l’ordre.

Au moment de publier, l’homme n’avait toujours pas été retrouvé. La police ne rapportait aucun nouvel indice. Les recherches semblaient s’enliser.

« Il est possiblement vivant. Mais puisqu’on n’a pas d’élément concret qui nous démontre l’inverse, il peut aussi être décédé. On joue avec plusieurs hypothèses », a expliqué en début de journée la porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), Ann Mathieu.

L’homme, principal suspect dans l’enlèvement de Norah et de Romy Carpentier, semble avoir disparu dans la nature. La dernière trace de lui remonte à 20 h 30 mercredi dernier. Il a alors été vu en compagnie de ses filles dans un dépanneur de Lévis. Une heure plus tard, sa voiture était retrouvée accidentée sur l’autoroute 20.

Objets analysés

Puis, plus rien. Les policiers ont bel et bien trouvé des objets d’intérêt dans un bois de Saint-Apollinaire. Mais la SQ refuse de dévoiler de quoi il s’agit. Ils ont été envoyés au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal pour y être analysés.

« C’est important que l’expertise se fasse sur ces objets-là. Il ne faut pas oublier qu’on est en enquête criminelle, donc on est un peu frileux sur les informations à dévoiler, explique Mme Mathieu. C’est normal. Si on en vient à arrêter Martin Carpentier, il faut discuter avec cette personne-là. Alors il y a des éléments que lui seul et nous connaissons. »

Non loin de là, les policiers avaient aussi retrouvé les corps des fillettes de 11 ans et 6 ans samedi. Leur autopsie est terminée. Mais la police ne veut pas en dévoiler les conclusions pour l’instant.

Ces éléments d’enquête sont toutefois suffisants pour que la SQ reste sur le terrain, explique la porte-parole. Mais elle ajoute que l’homme pourrait très bien avoir quitté la zone.

« Quelqu’un en santé, de mobile, peut facilement se déplacer en marchant plusieurs kilomètres par jour. Est-ce qu’il aurait pu se procurer un moyen de déplacement comme un vélo ? C’est possible. »

Des policiers « motivés »

Combien de temps les policiers vont-ils continuer leurs battues ? La SQ explique évaluer la situation d’heure en heure. Mais les policiers restent « motivés ». « Ils ont envie de le trouver », tranche Ann Mathieu.

« Les policiers ont quand même des éléments d’enquête, parce qu’on a parlé avec son environnement, qui nous donnent une bonne lecture de ce qui pourrait avoir amené [Martin Carpentier] à faire ça », note la porte-parole de la SQ.

« Mais la seule personne qui peut expliquer ce qui s’est passé, l’élément déclencheur qui a poussé Martin Carpentier à agir de cette façon-là, c’est lui seul », dit-elle.