L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a annoncé jeudi la fin de l’enquête amorcée en 2013 sur les allégations de détournement de matériaux destinés au train de l’Est. L’enquête est allée au bout de l’affaire et il n’y a pas lieu de porter des accusations criminelles à la lumière de la preuve amassée, estime le patron de l’organisme.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

L’enquête, baptisée « projet Modestie », avait fait l’objet d’une couverture abondante dans les médias au fil des années, notamment parce que des perquisitions très visibles avaient été menées dans les bureaux d’entreprises de construction ainsi que chez Suzanne Bibeau, la sœur de l’homme d’affaires Marc Bibeau, ancien responsable du financement du Parti libéral du Québec.

Les policiers enquêtaient sur des allégations selon laquelle des entreprises de la famille Bibeau, qui agissaient comme sous-traitants lors de la construction d’ouvrages liés au train de l’Est, avaient détourné des dalles de béton destinées au chantier pour construire une piscine dans la cour de Suzanne Bibeau. Le commissaire de l’UPAC Frédérick Gaudreau et son nouveau responsable des enquêtes Sylvain Baillargeon estiment toutefois que sept ans plus tard, les éléments amassés ne justifient pas le dépôt d’accusations dans ce dossier.

« Cette décision fait suite à une analyse rigoureuse de l’ensemble des éléments recueillis dans le cadre du projet Modestie. Constat est fait que l’enquête a été menée à terme, selon les règles de l’art. Par conséquent, le commissaire en arrive à la conclusion qu’il n’y a pas lieu de soumettre une demande d’intenter des procédures au Directeur des poursuites criminelles et pénales dans le cadre de ce projet », précise l’UPAC dans un communiqué.

« La décision a été prise en toute objectivité, à la lumière des faits recensés au dossier », précise l’organisme, qui refuse de commenter davantage pour protéger les techniques d’enquête et la vie privée des gens visés.

Depuis son entrée en poste à l’automne 2019, le commissaire Frédérick Gaudreau a entrepris de réviser le travail accompli dans plusieurs enquêtes qui traînent depuis des années. Il a déjà annoncé la fermeture sans accusations d’une enquête d’envergure sur des fraudes à la Société immobilière du Québec (SIQ).

En entrevue avec Radio-Canada en novembre dernier, il avait évoqué la possibilité que d’autres enquêtes soient fermées, en évoquant notamment l’évolution du droit, ces dernières années, qui encadre plus strictement qu’autrefois les techniques d’enquêtes des policiers.