La Sûreté du Québec (SQ) a arrêté cinq prêtres et frères des Clercs de Saint-Viateur mardi matin à Joliette. Ils font face à des chefs d’accusation d’agression sexuelle, de grossière indécence et d’attouchement sexuel.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Les infractions auraient été commises entre 1961 et 1989. Les hommes étaient membres d’une congrégation et responsables de l’enseignement et de l’encadrement des victimes mineures, dans divers collèges d’enseignement au Québec, précise la SQ par communiqué. Plusieurs victimes ont été identifiées à ce jour, ajoute-t-on.

« Depuis ce matin, après la nouvelle des arrestations, nous avons reçu une dizaine d’appels de gens qui souhaitaient dénoncer », révèle MJustin Wee, du cabinet d’avocats Arsenault Dufresne Wee, chargé de l’action collective visant les Clercs de Saint-Viateur. En date du 23 juin au matin, 270 personnes y étaient inscrites.

Ces arrestations constituent un grand pas vers le processus de guérison des présumées victimes, affirme-t-il.

La SQ a procédé aux arrestations à la Maison des Clercs de Saint-Viateur, située rue Saint-Charles-Borromée, à Joliette. Il s’agit d’une résidence où habitent les prêtres et les frères maintenant à la retraite. Les cinq hommes se trouvent au poste de police pour un interrogatoire.

Parmi les personnes arrêtées, Roger Larue, 89 ans, fait face à des chefs d’accusation d’attentat à la pudeur et de grossière indécence sur une personne de sexe masculin. Les faits se seraient déroulés entre 1976 et 1979 à La Minerve, dans les Laurentides.

Les autres individus arrêtés sont Jean Pilon, Gérard Whissell, Laurent Madore et Raoul Jomphe. Ils sont âgés de 78 à 86 ans. Jean Pilon et Laurent Madore ont déjà fait l’objet de plaintes au criminel pour des actes similaires à ceux qui leur ont été reprochés mardi.

Les cinq hommes qui font l’objet de mandats d’arrêt œuvraient dans des collèges québécois situés à Rigaud, à Matane et à Pohénégamook.

Dénonciations prises au sérieux

Il y a 20 ans, ce type d’arrestation n’aurait jamais eu lieu, pense MWee. Dans le passé, les policiers étaient réticents à l’idée d’ouvrir des dossiers de ce genre, qui dataient de plusieurs années. À présent, on prend très au sérieux ce type de dénonciation. « Maintenant, de plus en plus de gens savent que la police les écoute. Si la police les écoute, c’est la société qui les écoute. C’est majeur », poursuit l’avocat.

« On sait que pour certaines personnes, ne pas parler fait partie de la guérison. Mais pour celles qui veulent dénoncer, on envoie le message qu’on est là pour elles », ajoute MWee.