Un individu lié aux Hells Angels a bien tenté d’utiliser la fin en queue de poisson des méga-procès SharQc pour tenter d’obtenir un élargissement, mais les commissaires aux libérations conditionnelles n’ont pas mordu à l’hameçon.

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

Pierrot Lachapelle, 47 ans, relation des Hells Angels de Sherbrooke, a été condamné à près de 18 ans de pénitencier après avoir plaidé coupable à un chef de complot pour meurtre dans la foulée des procédures de SharQc.

Mais à la suite de la fin abrupte du méga-procès des Hells Angels de Sherbrooke à l’automne 2015, en raison d’un « grave abus de procédures », avait dit le juge James L. Brunton de la Cour supérieure, Lachapelle et 34 autres condamnés se sont adressés à la Cour d’appel pour que leur peine soit réduite.

Les Hells Angels ont eu gain de cause, et la peine de Lachapelle a été réduite de 6 ans, passant à 11 ans et 4 mois.

En septembre dernier, Lachapelle s’est adressé à la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) pour obtenir sa semi-liberté et sa liberté conditionnelle totale, mais ni une ni l’autre lui a été accordée.

Il s’est donc ensuite adressé à la Section d’appel de la Commission en servant les mêmes arguments que ceux présentés devant la Cour d’appel, et qui avaient porté leurs fruits.

Lachapelle a dit aux commissaires de la Section d’appel qu’il avait été victime d’un grave abus du processus judiciaire et que les procureurs de SharQc lui avaient caché des éléments de preuve. Mais les commissaires ont conclu que la Section d’appel n’était pas le bon forum pour traiter ces récriminations.

Lachapelle a également plaidé que le témoin vedette de SharQc, le délateur Sylvain Boulanger, avait menti et que les commissaires aux libérations conditionnelles avaient donc basé leur refus sur de l’information qui n’était pas sûre et convaincante. 

Des liens persistants

Mais la Section d’appel de la CLCC a rejeté cet autre argument, reprochant notamment à Lachapelle d’avoir encore des liens avec les Hells Angels.

« À l’audience, vous avez mentionné que plusieurs membres de ce groupe étaient des amis d’enfance et que vous n’êtes pas impliqué dans les activités criminelles de celui-ci. Toutefois, vous avez reconnu avoir fait du trafic de stupéfiants alors que vous étiez président d’un groupe de bicycle. 

« Vous avez mentionné que vous étiez en lien avec les Hells Angels, notamment en faisant de la surveillance lors des partys de ce groupe, que lors de la guerre des motards, vous vous êtes protégé et que vous vous attendiez à des répercussions. Vous avez également dit que vous purgiez votre peine par loyauté », peut-on notamment lire dans la décision de la Section d’appel. 

Les commissaires reprochent également à Lachapelle d’avoir fui la justice durant quatre ans après la rafle de SharQc, même si Lachapelle dit n’avoir commis aucun crime durant cette période.

Ils écrivent qu’il n’a pas travaillé sur ses facteurs de risque, qu’il n’a pas changé, qu’il a maintenu des comportements semblables à ceux de son cycle criminel durant son incarcération et qu’il a eu cinq rapports d’infraction grave reliés à la consommation de THC.

Pour toutes ces raisons, la Section d’appel a refusé à Lachapelle sa semi-liberté ou sa libération conditionnelle totale.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.