Fraîchement sorti de prison après avoir agressé sexuellement quatre fillettes, un pédophile multirécidiviste n’a pas tardé à faire une autre jeune victime à Montréal. Michael Allan Duncan, qui a agressé au moins une dizaine d’enfants depuis 30 ans, porte maintenant l’étiquette de délinquant dangereux. Il recouvrera toutefois la liberté dans moins de trois ans.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Je pensais que j’allais m’en tirer. Le fait que ce soit illégal était excitant », a confié le pédophile à un sexologue. Le Montréalais de 61 ans a récemment plaidé coupable à des accusations de possession de pornographie juvénile et d’avoir rendu accessible du matériel sexuellement explicite à une enfant.

Michael Allan Duncan a obtenu sa libération d’office en 2016 après sept ans d’incarcération pour de nombreux crimes sexuels. À sa sortie de la maison de transition, quelques mois plus tard, il a rapidement recommencé à accumuler des dizaines de photos et de vidéos, principalement de fillettes âgées de 2 à 13 ans, mais également de bestialité.

Puis, en 2017, il a regardé de la pornographie impliquant un adulte et un garçon de 6 ans avec une enfant de 11 ans de son entourage. À une occasion, il aurait également demandé à la fillette si elle pouvait sentir une bosse dans son pantalon. Celle-ci l’a dénoncé durant l’été, menant à son arrestation.

Le juge Alexandre St-Onge l’a condamné en janvier dernier à environ cinq ans et demi de prison. Mais il ne lui reste que 33 mois à purger en raison de sa détention préventive.

Michael Allan Duncan a également été déclaré délinquant dangereux suivi d’une ordonnance de surveillance de longue durée pour 10 ans après la fin de sa peine.

Malgré sa dizaine de condamnations pour des crimes sexuels et son risque de récidive violente élevé, le pédophile n’a pas été soumis à la pire peine possible, celle d’une détention pour une durée indéterminée.

Originaire de Kingston, en Ontario, Michael Allan Duncan se cachait sous une fausse identité à Montréal, lorsqu’il s’en est pris à quatre fillettes en 2004 et 2005. « Jack Armstrong » était alors le concierge d’un immeuble résidentiel du quartier Côte-des-Neiges. Il a forcé les fillettes âgées de 7 à 10 ans à lui faire des fellations. Le prédateur en cavale s’était finalement fait prendre par son ADN laissé sur un mégot de cigarette.

Michael Allan Duncan expliquait à l’époque que les jeunes filles lui avaient fait des avances. « Je trouve cela assez troublant que vous ayez pensé que des enfants de cet âge-là aient pu vous faire des avances », lui avait dit la juge Isabelle Rheault en le condamnant à sept ans de prison en 2011. Il avait également été déclaré délinquant à contrôler.

Ses antécédents judiciaires donnent froid dans le dos. Dès 1990, il a commis des attouchements sexuels sur deux fillettes, puis sur la fille d’un ami en 1991, alors qu’en 2000, il s’est exposé devant une enfant à Toronto.

« Vous avez confessé avoir fait environ 10 victimes, des fillettes, sans avoir été accusé pour chaque évènement », soulève-t-on dans la plus récente décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, en 2018.

Me Amélie Rivard a représenté le ministère public, alors que Me Vinh Nguyen a défendu l’accusé.