Ancien « soldat d’Allah », Omar Bulphred a été déclaré délinquant à contrôler par un juge pour avoir élaboré un jeu « tordu » visant à tuer une femme dans un immeuble de l’est de Montréal. Obsédé par les tueurs en série, l’homme de 34 ans a déjà retrouvé la liberté, bien qu’il présente toujours un risque élevé de récidive, selon un expert.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Accusé il y a deux ans d’avoir conseillé à un proche d’assassiner trois personnes, dont son propre père, Omar Bulphred a plaidé coupable en septembre dernier à des accusations d’introduction par effraction et de port d’arme dans le but de commettre un crime.

Il s’avère qu’Omar Bulphred n’avait pas réellement l’intention de commettre un meurtre lorsqu’il s’est rendu, vêtu d’une cagoule, dans un immeuble près de la Place Versailles en compagnie de son frère en décembre 2017. Les deux hommes étaient alors armés d’une lame, d’un tournevis et d’un extincteur.

Son frère « devait aller cogner à l’appartement de la femme ciblée, la pousser à l’intérieur et [Omar Bulphred] devait les rejoindre pour la poignarder avec le tournevis et finalement mettre le feu. Si la femme était absente, ils avaient prévu d’attendre qu’une femme inconnue passe dans le couloir », selon l’exposé des faits. Ils n’ont finalement que vandalisé un appartement vacant après avoir été aperçus par le concierge.

Jeu « tordu »

Ce sinistre plan n’était qu’un jeu « tordu », selon l’homme atteint du trouble du spectre de l’autisme. « Certaines conversations mettent de l’avant le projet de tuer quelqu’un. […] Mais pour lui, c’était des “mindgames”. Il n’a jamais eu le désir réel de commettre un meurtre, même s’il s’est introduit dans un appartement pour y commettre des méfaits », a expliqué son avocat, Me Charles Montpetit, en septembre dernier.

Condamné à trois ans de détention le 5 décembre dernier, Omar Bulphred a déjà retrouvé sa liberté, étant donné le temps purgé en détention préventive. Déclaré délinquant à contrôler par la Cour, il est dès lors soumis à une ordonnance de surveillance de longue durée de cinq ans. Il doit ainsi respecter de strictes conditions.

Selon un psychiatre, Omar Bulphred présente un risque de récidive « significativement plus élevé » que la moyenne des détenus fédéraux, a relevé le juge Thierry Nadon dans sa décision. Ce risque est toutefois « gérable », selon l’expert. Le magistrat a ainsi entériné la suggestion commune des parties.

Omar Bulphred a reçu une lourde de peine de pénitencier il y a 10 ans pour avoir planifié un attentat contre un centre communautaire juif du quartier Côte-des-Neiges et avoir incendié une école juive d’Outremont au nom du « djihad islamique ». Le Montréalais s’était radicalisé en prison sous l’influence de détenus musulmans.