Déjà accusé de deux meurtres et d’une tentative de meurtre, le présumé tueur à gages du crime organisé, Frédérick Silva, vient d’être accusé de deux autres meurtres au premier degré, lundi matin, au palais de justice de Montréal. Pas moins de quatre chefs de meurtre pèsent maintenant contre l’homme de 39 ans.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Vêtu d’un chandail noir inscrit « Boss » sur la poitrine, Frédérick Silva n’a pas bronché pendant sa comparution par visioconférence devant la juge Johanne St-Gelais. Il faut dire que le ministère public avait déjà fait part à la défense de son intention de déposer ces nouveaux chefs par acte d’accusation direct il y a quelques mois.

Frédérick Silva a été accusé des meurtres au premier degré (prémédité) de l’ancien motard, Sébastien Beauchamp, assassiné le 20 décembre 2018, et d’Yvon Marchand, tué le 29 octobre 2018, tous deux à Montréal.

Il est déjà accusé des meurtres de Daniel Armando Somoza-Gildea, 28 ans, un client du bar Les Amazones, au centre-ville de Montréal, commis en mai 2017 et du propriétaire d’une entreprise de location de voitures, Alessandro Vinci, 31 ans, abattu à Laval en octobre 2018.

Il fait également face à un chef de tentative de meurtre sur le mafioso Salvatore Scoppa, survenue alors que ce dernier sortait d’un restaurant de Terrebonne, en février 2017. Rappelons que Salvatore Scoppa a finalement été assassiné en mai 2019 dans un hôtel de Laval.

Le procureur de la Couronne MAntoine Piché a déposé lundi un nouvel acte d’accusation direct pour ces cinq crimes et a demandé à la cour le retrait des autres chefs.

Un présumé complice de Frédérick Silva, Giovanni Presta fils, est déjà accusé d’avoir assassiné Sébastien Beauchamp, mais dans les corridors du palais de justice et des sections d’enquête, c’était un secret de polichinelle que Silva serait également accusé de ce crime. Giovanni Presta fils est soupçonné d’avoir conduit un véhicule qui a servi au meurtre de Sébastien Beauchamp alors que la police entend faire la démonstration que Frédérick Silva est celui qui a ouvert le feu.

L’ombre des Hells Angels

Sébastien Beauchamp, 44 ans, était un ancien membre des Rockers, défunt club école des Hells Angels, et selon des informations qui n’ont pas été confirmées par la police, il pourrait avoir été victime d’une purge interne, pour une affaire de dettes ou de transaction de stupéfiant qui a mal tourné.

Le crime est survenu dans le milieu de l’après-midi du 20 décembre 2018, à l’angle des boulevards Robert et Langelier, une intersection très achalandée. Beauchamp a tenté d’échapper au tireur, mais ce dernier a ouvert le feu à plusieurs reprises, tirant même dans des véhicules occupés par des citoyens et dans les étagères d’un dépanneur.

En ce qui concerne Yvon Marchand, l’une des hypothèses envisagées pour expliquer le crime serait la disparition de kilogrammes de cocaïne, selon des informations de sources qui n’ont pas été confirmées par la police.

Mort à 51 ans, Yvon Marchand avait des antécédents judiciaires de toutes sortes, y compris en matière de stupéfiants. Selon nos informations, il aurait été actif dans la vente de stupéfiants au moment de son assassinat et aurait déjà été lié aux Hells Angels dans le passé.

Il a été tué le soir du 29 octobre, dans le vestibule de sa résidence de la rue Pierre-Tétreault. Les policiers auraient trouvé certains indices près de la scène, dont l’arme utilisée par le tueur.

Frédérick Silva a été en cavale durant environ 20 mois avant d’être arrêté alors qu’il promenait un chien, sur la rue Duke, dans le secteur du Vieux-Montréal, en février 2019.

Dix jours après le meurtre de M.  Gildea au bar Les Amazones, la police a émis un avis de recherche contre Silva en juin 2017 et ce dernier s’est retrouvé sur la liste des dix criminels les plus recherchés au Canada, avant que les policiers soient récompensés pour leurs efforts déployés durant vingt mois.

Ciblé par Silva en février 2017, Salvatore Scoppa a été tué sous les yeux de plusieurs témoins médusés, dans le lobby de l’Hôtel Sheraton de Laval, en mai dernier.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse courriel de La Presse.