Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) suspend l’achat et le déploiement de pistolets à impulsion électrique – de type Taser –, car on aurait rencontré certaines difficultés liées à leur « efficacité », selon Sylvain Caron, directeur du corps de police.

Raphael Pirro Raphael Pirro
La Presse

À l’heure actuelle, 124 pistolets à impulsion électrique sont déployés sur le territoire de Montréal, alors que l’objectif était de doter toutes les équipes de patrouilleurs de ces armes d’ici 2020, ce qui aurait porté leur nombre total à 179. Les pistolets devront tous être remplacés, a annoncé le directeur du SPVM.

Par mesure préventive, il y a des rencontres et des discussions en cours avec la compagnie Axon pour voir comment on peut retirer ces armes et possiblement en intégrer d’autres.

Jonathan Martel, commandant de la Section des communications du SPVM

La Presse a tenté d’obtenir de plus amples informations techniques concernant les difficultés rencontrées avec les appareils actuels de l’entreprise américaine Axon, mais les détails n’ont été révélés ni par le SPVM ni par la Fraternité des policiers et policières de Montréal.

Le SPVM a présenté vendredi matin son budget 2020 devant la Commission sur les finances et l’administration de la Ville de Montréal. C’est dans le cadre de cette activité que ces informations ont été dévoilées.

Bond de la proportion de femmes

Par ailleurs, la proportion de femmes recrutées par le Service de police de la Ville de Montréal a fait un bond spectaculaire au cours des deux dernières années, étant passée de 25 % des recrues en 2016 à 42 % en 2018 et 2019.

Cette hausse importante survient 40 ans après l’embauche d’une première agente par la police de Montréal, Christiane Forcier, entrée en fonction le 11 juin 1979. Aujourd’hui, 30 % du personnel policier du SPVM est composé de femmes.

En outre, bien que ce soit de façon moins retentissante, une augmentation proportionnelle des minorités visibles chez les recrues du SPVM est perceptible. En trois ans, elles sont passées de 7 % en 2016 à 13 % en 2019. Chez les autochtones, la proportion est passée de 1 % à 4 % au cours de la même période.

« Le recrutement se fait à partir des bassins disponibles produits par les cégeps et l’École nationale de police, a déclaré Sylvain Caron, directeur du SPVM. Les gens postulent et, en fonction des critères [de sélection], on a été en mesure de repérer des dames pour œuvrer au sein du service. »

On poursuit cet effort-là, de la même manière que l’on poursuit nos efforts pour les minorités visibles et les minorités ethniques au cours des prochaines années. On va trouver des façons différentes du système traditionnel pour être capables d’aller chercher des gens assez intéressés au SPVM pour offrir leurs services à la population.

Sylvain Caron, directeur du SPVM

Le SPVM travaille actuellement à un plan pour augmenter la présence de membres de minorités visibles au sein de son personnel. Toutefois, il est encore trop tôt pour en obtenir les détails.

Afin d’atteindre ses objectifs, le SPVM reconnaît qu’il devra faire des démarches au sein même de ces communautés, soit « dans les écoles et les cégeps » où l’on retrouve une concentration plus importante de minorités visibles, afin d’attirer plus de recrues qui en font partie, a indiqué Sylvain Caron.

« Il y a des gens qui vont être mobilisés en 2020 et pour les prochaines années pour repositionner l’organisation et atteindre un niveau respectable de gens qui représentent la communauté [montréalaise] », a-t-il précisé.