Le propriétaire du pitbull qui a défiguré une fillette dans un parc de Brossard en 2015, Karim Jean-Gilles, s’est vu refuser sa demande de libération conditionnelle totale en raison de son risque élevé de récidive violente. Les autorités carcérales doivent « se méfier » de lui à chaque intervention, alors qu’il est en isolement depuis un an.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’homme de 37 ans purge une peine fédérale d’environ cinq ans et neuf mois pour deux évènements distincts. Il avait écopé de quatre ans de détention l’an dernier pour avoir causé des blessures à la petite Vanessa Biron par sa négligence criminelle « grossière et extrême », selon le juge. La fillette avait été mordue au visage et traînée sur plusieurs mètres par le pitbull de l’accusé. Elle en a conservé des séquelles permanentes.

En janvier 2017, Karim Jean-Gilles s’en était pris violemment à un huissier venu porter une sommation à son domicile. Pendant son arrestation, il avait asséné un violent coup de poing à la tête d’un policier, tombé inconscient. Plusieurs agents avaient dû le maîtriser.

Karim Jean-Gilles adhère à l’idéologie des « Freeman on the Land » et ne reconnaît pas l’autorité de l’État. Son comportement criminel et ainsi « étroitement relié à [son] impulsivité et à [sa] haine envers toute forme d’autorité », relève la Commission des libérations conditionnelles du Canada dans une décision rendue publique mardi.

Depuis son incarcération, Karim Jean-Gilles a fait l’objet de trois rapports d’infractions graves et s’est en plus bagarré avec un codétenu. Il a notamment fait l’objet d’une « entrée dynamique » des agents correctionnels à une occasion, indique-t-on dans la décision.

En isolement depuis un an

Le détenu est décrit comme une personne « antisociale, irritable » et au faible potentiel de réinsertion sociale. Depuis environ un an, il demeure en isolement et refuse de se mêler aux autres détenus ou de rencontrer un agent de libération conditionnelle. Il a aussi refusé de se présenter à l’audience de la Commission pour la présente décision.

« La dangerosité sociale et le risque pour la sécurité du public sont élevés, et ce, principalement en raison de la nature de vos délits, de vos antécédents violents et de l’absence de remords. […] La Commission constate que votre criminalité est importante et généralement orientée vers des crimes contre la personne. Vous n’hésitez pas à utiliser la violence afin d’exprimer votre désaccord », relèvent les commissaires qui ont refusé sa libération conditionnelle totale.

Dans sa décision sur l’affaire du pitbull, le juge Pierre Bélisle observait que les « nombreuses » peines de détention imposées à Karim Jean-Gilles dans le passé n’avaient eu « aucun impact » sur lui. « L’absence de prise de conscience à l’égard de la nature et de la gravité de l’infraction commise montre sa dangerosité et laisse présager un risque de récidive », concluait alors le juge.