Un ancien directeur de la firme d’ingénierie Genivar, Gilles Blier, écope d’une amende de 15 000 $ pour avoir toléré et participé à un système de partage de contrats publics à la Ville de Longueuil de 2002 à 2008. Le comité de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) n’a toutefois imposé aucune période de radiation à l’ingénieur.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Acteur influent en Montérégie à l’époque, Gilles Blier dirigeait le bureau de Longueuil de Genivar – devenue WSP Global – et présidait la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud (CCIRS). L’ingénieur était alors bien au courant du système mis en place dans les années 2000 à Longueuil pour contourner les processus d’appels d’offres.

Gilles Blier a ainsi plaidé coupable devant le comité de discipline de l’OIQ à deux infractions pour ne pas s’être acquitté de ses obligations professionnelles et d’avoir manqué d’intégrité et porté ombrage à la profession. Il admet avoir participé « à plusieurs reprises » au système de collusion entre les firmes d’ingénierie, mais maintient n’avoir jamais participé à son « implantation ».

« Mon rôle a été de tolérer et continuer dans ce même processus qui existait déjà et dans lequel je n’ai tiré aucun bénéfice personnel », indique Gilles Blier dans l’énoncé conjoint des faits. Ce système n’avait pas que du négatif. Il permettait « curieusement » d’assurer une très bonne qualité des services rendus, « car personne ne voulait être privé des contrats de la Ville », indique-t-il dans l’énoncé.

Gilles Blier ne travaille plus pour Genivar depuis mai 2011. Il n’est pas à l’emploi d’une firme d’ingénierie en ce moment.

Le conseil de discipline a entériné la suggestion commune des parties pour imposer une amende de 15 000 $ à l’ingénieur sans période de radiation. Le conseil relève comme facteur aggravant l’expérience de l’ingénieur et la durée des infractions. Il considère également sa reconnaissance de culpabilité et son dossier disciplinaire vierge dans la décision.

De nombreux anciens dirigeants de Genivar ont reconnu leur tort devant le comité de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec dans les derniers mois. La semaine dernière, l’ex-grand patron de Genivar et actuel vice-président du conseil d’administration de WSP Global, Pierre Shoiry, a plaidé coupable à deux infractions déontologiques.  

Il a notamment reconnu ne pas avoir pris les mesures nécessaires entre 2003 et 2010 pour « surveiller l’application des directives internes au niveau des processus d’appels d’offres afin de prévenir, d’arrêter, de mettre fin ou d’éliminer des procédés malhonnêtes et douteux ayant cours au sein de Genivar », selon l’énoncé conjoint des faits. Les parties suggèrent une amende de 75 000 $. La décision du conseil est en délibéré.