Un propriétaire d’agence de mannequins arrêté en avril dernier pour avoir agressé sexuellement des jeunes filles fait face à une pluie de nouvelles accusations à la suite de la continuation de l’enquête des policiers de Montréal.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Jean-Sébastien Béland fait maintenant face à 44 chefs d’accusation d’agression sexuelle, d’exploitation sexuelle de mineures et d’obtention de services sexuels de personnes mineures contre rémunération.

Les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont recensé une dizaine de jeunes filles qui seraient tombées entre ses griffes entre 2005 et 2019. Les crimes auraient été commis à Montréal, Laval, Joliette, Gatineau et Victoriaville, selon l’acte d’accusation déposé à la cour.

Déjà connu comme prédateur

Jean-Sébastien Béland était déjà fiché officiellement comme délinquant sexuel. En 2019, il avait été condamné à 45 jours de prison discontinus, à la suite d’une détention provisoire équivalent à huit mois, pour exploitation sexuelle d’une adolescente.

Il avait dû fournir un échantillon d’ADN aux autorités et la cour lui avait interdit d’occuper un poste, bénévole ou rémunéré, qui le placerait en position de confiance ou d’autorité auprès de jeunes de moins de 16 ans.

Ces conditions ne l’ont pas empêché d’ouvrir une agence de mannequins. Son agence, Diversity Models Management, se définissait comme « la plus sexy des agences de casting de rue » à Montréal. Sous son ancien nom, B Models Management, elle se décrivait comme l’endroit où l’on découvrait « les nouveaux visages de la mode et du cinéma ».

Brouiller les pistes

En avril, après son arrestation, La Presse avait recueilli plusieurs témoignages sur sa façon d’opérer, auprès de personnes qui l’avaient côtoyé de près. Pour éviter d’être reconnu comme prédateur, il disait souvent s’appeler simplement Sébastien plutôt que Jean-Sébastien. Il écrivait aussi parfois Jan-Sébastien. Sa signature changeait tout le temps, selon nos informations.

Il n’apparaissait nulle part dans le matériel promotionnel de son agence, n’était visible sur aucune des photos ni dans aucune des vidéos qu’elle diffusait.

PHOTO FOURNIE PAR LE SPVM

Jean-Sébastien Béland

Auprès du Registraire des entreprises, il avait inscrit l’agence au nom d’un faux dirigeant et donné l’adresse d’un immeuble de logements sans fournir de numéro d’appartement.

Il faisait miroiter la lune aux aspirantes mannequins, mais n’obtenait réellement que très peu de résultats.

675 000 $ gagnés à la loterie

La police croit que l’homme de 47 ans utilisait en fait sa fonction pour assouvir ses bas instincts et profiter d’adolescentes auprès de qui il se retrouvait en position d’autorité.

Il avait bénéficié d’un coup de chance en matière d’argent, qui l’avait aidé à faire fonctionner son agence.

Loto-Québec a confirmé à La Presse qu’il y a quelques années, Jean-Sébastien Béland avait remporté la loterie Gagnant à vie.

« La personne en question avait choisi le montant forfaitaire qui était à l’époque de 675 000 $, et non la rente de 1000 $ par semaine à vie. Notez qu’une fois un lot versé à un gagnant, la Société ne dispose d’aucun recours légal pour arrêter les versements ou récupérer des sommes », a expliqué un porte-parole de la société d’État à La Presse.

— Avec la collaboration de Louis-Samuel Perron, La Presse