Le harceleur de Sue Montgomery, mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, a été condamné aujourd’hui à trois ans de probation pour avoir brisé ses conditions de remise en liberté, après avoir tourmenté sa victime depuis une vingtaine d’années.

Raphaël Pirro
La Presse

Pour les trois prochaines années, Robert Michael Edgar – aussi connu comme Robin Edgar –devra cesser tout contact avec la mairesse, « directement et indirectement », a décidé le juge. Il devra entre autres se tenir à plus de 100 mètres de Mme Montgomery et à plus de 250 mètres de son domicile. En outre, il ne pourra plus se rendre à l’hôtel de ville de Montréal et de celui de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce pour poser des questions lors des séances ouvertes au public, ce qui va à l’encontre de ce que réclamait l’avocat de la défense, Jordan Trevick.

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Sue Montgomery

Le jugement va encore plus loin, et s’applique aussi au monde virtuel : M. Edgar ne pourra plus se servir de Twitter, Facebook, Instagram et YouTube, ou toute autre plateforme en ligne, pour tenter de joindre Mme Montgomery. Il ne pourra même plus l'identifier dans ses interactions, mais garde le droit de publier ce qu’il désire.

Dans un long jugement de 35 pages, le juge Dennis Galiatsatos n’est pas allé de main-morte pour décrire le comportement de M. Edgar : « acharné », « déterminé », « intransigeant », « irrationnellement obsédé par Mme Montgomery », et étant proie à un « complexe de persécution ».

Cet après-midi, à la sortie de la cour, la mairesse a marqué quelques pas de danse avant de répondre, sourire aux lèvres, aux questions des journalistes. « Je suis très contente parce que le juge a reconnu les dommages psychologiques subis, a-t-elle dit. Ces dommages sont tout aussi importants que le harcèlement physique. »

Le jugement d’aujourd’hui tranche avec celui qu’avait rendu la juge Flavia K. Longo le 13 juin dernier, et qui avait soulevé un tollé. La juge avait acquitté Robin Edgar de harcèlement criminel, même si elle avait reconnu qu’il avait bel et bien fait du harcèlement. La juge Longo estimait que la victime n’avait pas manifesté de peur devant le harceleur, en se basant sur une vidéo filmée par M. Edgar qui montrait Mme Montgomery, à bout de patience, frapper une pancarte posée par ce dernier.

Pour appuyer son jugement, cet après-midi, le juge Galiatsanos a estimé que M. Edgar avait pris une « décision calculée de contourner ses conditions », lorsque celui-ci s’était présenté à l’hôtel de ville le 26 mars 2018 afin de poser une question à propos de la mairesse, alors qu’il était sous caution pendant que les procédures judiciaires suivaient leur cours. Il avait été déclaré coupable de non-respect des conditions le 12 mars passé.

Sue Montgomery est harcelée par Robin Edgar depuis 20 ans. Elle prétend l’avoir vu plus d’une centaine fois, celui-ci l’attendant toujours près de son lieu de travail ou de l’église où elle pratique. Le citoyen est en croisade avec l’Église unitarienne, et prétend que Sue Montgomery aurait décidé d’ignorer et de cacher une prétendue histoire d’agression sexuelle au sein de l’Église.