Un chauffeur de l’entreprise Taxi Champlain a été congédié ce matin après avoir fait l’objet d’une plainte criminelle pour une présumée attaque antisémite.

Mis à jour le 1er août 2019
Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

Selon le B’nai Brith, une organisation de la communauté juive, l’homme aurait agressé un automobiliste dans le cadre d’un banal conflit de stationnement. La victime portait une kippa, un couvre-chef porté par certains hommes juifs.

« Alors qu’il attendait que le taxi libère l’entrée du stationnement souterrain, la victime a entendu le chauffeur de taxi crier :’Je ne bougerai pas pour un maudit juif’ », explique l’organisation dans un communiqué qui ne révèle pas le nom de la victime. « Le chauffeur aurait ensuite menacé de mort la victime. »

Un enregistrement de vidéosurveillance diffusé par le B’nai Brith montre ensuite le chauffeur quitter son siège et s’en prendre physiquement à sa victime. Selon le témoignage de cette personne, c’est une tentative de prendre en photo la voiture de taxi qui aurait mis le feu aux poudres.

La victime aurait subi des blessures légères.

Chez Taxi Champlain, on refuse de se prononcer sur le caractère antisémite de l’attaque. Mais l’agression physique en elle-même, capturée sur vidéo, était suffisante pour valoir un congédiement au chauffeur impliqué.

« Aussitôt qu’on a une dénonciation pour violences physiques ou verbales, on se défait des chauffeurs. C’est automatique », a indiqué Jennifer Tinder, de Taxi Champlain.

« Il s’agit d’un crime antisémite choquant au cours duquel quelqu’un aurait pu être gravement blessé ou même tué », a déclaré le grand patron de B’nai Brith Canada, Michael Mostyn.  

Son communiqué souligne que le Québec est la province canadienne où se seraient produits le plus d’incidents antisémites en 2018 : 709 sur un total national de 2041.