Deux anciens directeurs du ministère de la Justice du Québec (MJQ) et l'administrateur d'une firme de services informatiques ont été arrêtés jeudi par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans le cadre de l'enquête MANDER sur des cas de corruption dans l'attribution de contrats informatiques.

Mis à jour le 6 juill. 2018
Louis-Samuel Perron LA PRESSE

Selon les enquêteurs de l'UPAC, ces deux fonctionnaires du ministère de la Justice ont reçu des pots-de-vin pour favoriser une entreprise dans l'attribution de contrats informatiques du ministère entre 2000 et 2014. Ni le nom de cette entreprise ni le montant de la fraude n'ont été précisés par l'UPAC. Entre 2010 et 2018, le Ministère a accordé 210 millions de contrats informatiques, selon un document rendu public en vertu de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

Ancien directeur des Services à la clientèle et technologiques au MJQ jusqu'en 2007, Normand Laberge a comparu jeudi au palais de justice de Montréal. Huit chefs d'accusation de fraude de plus de 5000 $, d'abus de confiance par un fonctionnaire public et de fraude envers le gouvernement ont été portés contre lui.

Christian Tessier, également directeur des Services à la clientèle et technologiques du MJQ, jusqu'en 2014, est accusé d'abus de confiance par un fonctionnaire public et de fraudes envers le gouvernement entre août 2009 et septembre 2014. Le troisième accusé est Sylvain Tremblay, un actionnaire et ancien vice-président de CPU Services. Ces trois arrestations mènent un terme à l'enquête MANDER de l'UPAC.

L'ex-cadre du ministère, Normand Laberge, est accusé d'avoir fraudé CPU Services pour plus de 5000 $ entre 2000 et 2010. Son coaccusé Sylvain Tremblay est le deuxième actionnaire de cette entreprise de services informatiques établie à Québec. Il s'est toutefois retiré de ses fonctions depuis une perquisition de l'UPAC l'an dernier. « Les faits allégués se seraient principalement déroulés avant 2005 à une période pendant laquelle les administrateurs actuels n'étaient pas au sein de l'entreprise », a réagi CPU Services dans un communiqué.

« ON A ÉTÉ VICTIMES » 

Selon le mandat d'arrestation, Normand Laberge, 73 ans, est également accusé d'avoir « exigé, offert ou convenu d'accepter » de l'entreprise FX Innovation une « récompense, un avantage ou un bénéfice » en échange d'une aide concernant la conclusion d'affaires avec le gouvernement. Ce crime remonte toutefois à 2005 et 2006.

Le président de FX Innovation David Marotte assure que son entreprise est une victime dans cette affaire et soutient avoir collaboré pleinement avec l'UPAC depuis deux ans. « On a été victimes de fraude dans ces années-là. Depuis, on a pratiquement renouvelé toute l'équipe de leadership. Ça a été une période vraiment difficile pour nous », a-t-il expliqué.

Normand Laberge est accusé d'avoir fraudé la firme CPU Services pour plus de 5000 $ entre 2000 et 2010.