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Agente d'immeubles de jour... et d'escortes de soir

Joëlle Chélala, qui est toujours courtière immobilière agréée... (Photo André Pichette, La Presse)

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Joëlle Chélala, qui est toujours courtière immobilière agréée pour une bannière importante, a plaidé coupable mercredi à une accusation d'avoir vécu des fruits de la prostitution.

Photo André Pichette, La Presse

Joëlle Chélala, agente d'immeubles de jour et agente d'escortes la nuit, a reçu l'absolution inconditionnelle mercredi au palais de justice de Montréal, non sans avoir été aidée par l'arrêt Bedford rendu en décembre par la Cour suprême, qui invalide certaines dispositions du Code criminel limitant la prostitution.

En revanche, 860 000$ découverts dans des comptes et des coffrets de sûreté appartenant à la femme de 36 ans et à certains de ses complices ont été confisqués au profit de l'État. «Prenez la plus belle photo», a-t-elle lancé aux journalistes, visiblement satisfaite de la tournure des événements.

Mme Chélala, qui est toujours courtière immobilière agréée pour une bannière importante, a plaidé coupable mercredi à une accusation d'avoir vécu des fruits de la prostitution. La Couronne et la défense ont suggéré l'absolution inconditionnelle. Celle-ci a été entérinée par le juge Pierre Labelle de la Cour du Québec, qui n'a pas manqué de faire référence à la récente décision de la Cour suprême en rendant sa décision. En revanche, Joëlle Chélala a accepté de verser aux centres d'aide aux victimes d'actes criminels 12 500$ sur une somme de 17 500$ qu'elle avait versée en dépôt.

Reine des agences d'escortes

Selon la preuve présentée, Joëlle Chélala, alias Sabrina, a dirigé une quarantaine d'agences d'escortes, à partir de locaux situés rue Sainte-Catherine Ouest. Les réservations se faisaient sur des sites internet et des chauffeurs conduisaient les escortes et récoltaient l'argent des clients. Joëlle Chélala dirigeait principalement ses agences le soir venu alors que son père, George Chélala, également accusé dans cette affaire, les gérait de jour.

Durant les procédures, un enquêteur du SPVM avait raconté que Mme Chélala était propriétaire de 20 à 30 agences d'escortes à Montréal, et de 10 à 15 à Toronto. Dans ses anciens bureaux de la rue Sainte-Catherine à Montréal, elle avait de deux à dix réceptionnistes, et de 15 à 20 chauffeurs, selon la demande. Ses agences auraient employé jusqu'à 80 filles, mais aucune mineure. Fait à noter, un de ses employés aurait déjà fait partie de la cellule d'Alain Jean-Pierre, cet ancien agent de surveillance du métro proxénète qui recrutait des filles en fugue dans le métro.

À la suite d'informations de sources, les enquêteurs de la Moralité de la région ouest de la police de Montréal ont pris la femme en filature. Elle a été piégée par un agent double dans une chambre de l'Auberge des Gouverneurs de la Place Dupuis le 9 juin 2011, en pleine fin de semaine du Grand Prix, traditionnellement très lucrative pour les travailleuses du sexe. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont découvert d'importantes sommes d'argent dans des coffres de sécurité et ont demandé l'assistance de leurs collègues des Produits de la criminalité du SPVM. C'est le travail de ces derniers qui a mené à la confiscation hier de 700 000$ et de quatre lingots d'or d'une valeur totale de 160 000$.

George Chélala et le chef des chauffeurs des agences d'escortes de Sabrina, Amine Zaari, ont également reçu l'absolution inconditionnelle du juge mercredi.




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