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Procès de Daudelin: une roche sur le cadavre de la victime

Éric Daudelin... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Éric Daudelin

Photo Alain Roberge, archives La Presse

Le meurtre de la petite Joleil Campeau, commis en juin 1995, est resté une énigme pendant presque deux décennies. Mais Éric Daudelin, l'homme qui est aujourd'hui jugé pour ce crime, était dans la ligne de mire de la police dès le début. Il a été interrogé le matin du 16 juin 1995, quelques heures avant que le corps de l'enfant soit trouvé enfoncé dans la vase d'un ruisseau, non loin de chez elle.

C'est ce qui se dégage de la première journée du procès d'Éric Daudelin, qui s'est ouvert hier, à Laval. L'homme de 39 ans au fort gabarit et à la longue barbe est accusé du meurtre prémédité de l'enfant, ainsi que de séquestration et d'agression sexuelle à son endroit. La petite avait 9 ans, mesurait 4'1 et pesait une soixantaine de livres.

Le lundi 12 juin 1995, vers 16 h 30, Joleil est revenue de l'école en autobus scolaire, comme d'habitude. Elle habitait avec sa mère, rue Debussy, à Auteuil. Après avoir discuté un peu avec sa mère, elle est partie pour aller chez une copine, probablement en empruntant un petit sentier dans le bois. Elle devait être de retour à la maison pour souper, à 17 h 30. Quand sa fille n'est pas rentrée à l'heure dite, la mère a téléphoné chez l'amie en question. Joleil ne s'y était jamais rendue.

La mère a commencé à chercher Joleil dans les environs, et a appelé la police vers 18 h. Bénévoles et policiers ont entrepris des recherches. La ceinture multicolore de l'enfant a été trouvée vers 19 h, près d'un petit ruisseau. Dans les jours suivants, une cagoule et des gants ont été trouvés dans le secteur.

La fouille du ruisseau n'avait rien donné. Au bout de quatre jours de recherches intensives, l'enquêteur Serge Bouliane a décidé de prendre les grands moyens : il a fait assécher le ruisseau. Un petit bras couvert de boue est apparu dans la vase, à peu près à l'endroit où un chien pisteur avait mordu dans l'eau.

L'enfant, couverte de boue, était couchée sur le ventre. Une grosse pierre de 60 livres reposait sur son dos. L'enfant était vêtue en entier, mais deux boutons de sa salopette étaient détachés. Le pathologiste qui a pratiqué l'autopsie a trouvé de la boue dans la trachée-artère et dans les bronches de l'enfant. Il a établi que l'enfant est morte noyée. Les rougeurs à la vulve et à l'anus étaient compatibles avec des attouchements sexuels.

Une voiture

Au nombre des informations recueillies par les policiers pendant leur première semaine d'enquête, il y avait un voisin qui avait entendu un cri de détresse dans le boisé, vers 17 h, le lundi. Mais comme les enfants allaient souvent jouer et crier dans le bois, il n'en a pas fait de cas. Le même jour, deux témoins ont vu une voiture mal stationnée dans la rue Debussy, à la hauteur du ruisseau. La porte du conducteur était ouverte, mais il n'y avait personne à l'intérieur. Ce véhicule a été vu au même endroit et dans le même état à 16 h 30, à 16 h 45 et un peu après 17 h. Un des témoins disait qu'il était noir, l'autre qu'il était gris. À l'époque, Daudelin avait un véhicule gris. Une fouille de son véhicule n'a rien donné.

Éric Daudelin avait environ 20 ans à l'époque. Il habitait chez ses parents à Auteuil, à 5 km de l'endroit où avait été trouvé le corps. Dans sa prime jeunesse, il avait habité près de la rue Debussy, a expliqué l'enquêteur Bouliane, hier.

Lors de son discours d'ouverture, le procureur de la Couronne Bruno Larivière a indiqué au jury qu'il entendait produire neuf témoins, qu'il y aurait une preuve d'ADN, de même qu'une preuve vidéo prise dans le cadre d'une opération policière Mister Big. Ce genre d'opération implique des policiers qui se font passer pour des criminels et qui amènent un individu à se confier. L'enquête, qui avait piétiné pendant des années, a été réactivée en 2009. L'évolution des techniques d'ADN, en 2010 et en 2011, permet maintenant de faire des analyses avec de plus petits spécimens qu'avant, a précisé le procureur.

Le procès, présidé par la juge Sophie Bourque, se poursuit aujourd'hui.




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