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L'Université de Montréal poursuit des «vandales», dont la fille d'Amir Khadir

L'Université de Montréal vient d'intenter une poursuite de... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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L'Université de Montréal vient d'intenter une poursuite de 100 000 $ contre six manifestants, dont Yalda Machouf-Khadir (au centre sur la photo), Félix Généreux-Marotte, Pascal Chabot-Lamarche, Zachary Daoust, Simon Langlois et Xavier Philippe-Beauchamp.

Photo André Pichette, Archives La Presse

L'Université de Montréal vient d'intenter une poursuite de 100 000 dollars contre six manifestants, qu'elle accuse d'avoir joué un rôle de premier plan dans la casse survenue dans son établissement, lors d'une manifestation, le 12 avril 2012. 

Yalda Machouf-Khadir, fille du député Amir Khadir, est du nombre, de même que Félix Généreux-Marotte, fils de Hans Marotte, avocat et ardent défenseur des chômeurs. Outre ces deux personnes, on retrouve Pascal Chabot-Lamarche, Zachary Daoust, Simon Langlois et Xavier Philippe-Beauchamp. 

Les événements sont survenus lors d'une manifestation contre l'augmentation des frais de scolarité. Selon le récit des événements contenu dans les documents déposés au palais de justice de Montréal, vers 16h07, des manifestants sont entrés dans le pavillon Jean-Brillant et ont causé des dommages à environ 36 salles. Une dizaine de minutes plus tard, un grand nombre de manifestants sont entrés dans le pavillon Roger-Gaudry par une porte déverrouillée. Les constables du bureau de la Sûreté de l'UdeM ont appelé le 9-1-1. Mais les policiers du groupe d'intervention tactique étaient mobilisés ailleurs. Les policiers sur place ne pouvaient intervenir, vu le trop grand nombre de manifestants.

Toujours selon le résumé de l'UdeM, certains manifestants ont alors fracassé les vitres ou les barreaux de bois de certaines portes verrouillées menant au hall d'honneur, et sont entrés par effraction. Environ 300 manifestants ont investi le hall d'honneur en scandent des slogans. Vers 16 h 32, des manifestants ont défoncé la porte de l'amphithéâtre en utilisant ce qu'ils pouvaient comme bélier, et ont fait des dégâts, notamment en lançant de la peinture et en arrachant les rideaux. Les manifestants ont ensuite tenté de se rendre aux locaux administratifs, mais cinq constables en bloquaient l'accès. Ces derniers ont été entourés de manifestants, qui se sont servis de boucliers artisanaux. 

Des constables ont été blessés, dont un sérieusement, qui a dû avoir des points de suture et a été en arrêt de travail pendant dix jours. De la peinture a de nouveau été projetée, cette fois dans le hall d'honneur. Lorsque la rumeur a couru à l'effet que le groupe d'intervention tactique arrivait, les manifestants sont partis. Ce faisant, ils ont déclenché une alarme d'incendie, ce qui a valu une facture de 2 700 dollars à l'Université pour cette fausse alarme.

Des ressources

Selon la poursuite, d'importantes ressources ont été consacrées pour identifier les casseurs, dont certains étaient masqués. L'identification des personnes visées a été faite au moyen des enregistrements vidéo disponibles, des empreintes digitales, et des accusations déposées. Selon le document, les empreintes de Félix Généreux-Marotte ont été relevées sur le pot de peinture qui a éclaboussé le mobilier, le plancher et les murs de l'amphithéâtre. 

Celles de Simon Langlois ont été relevées sur du ruban gommé. Yalda Machouf-Khadir aurait obstrué la vue des constables avec un paravent et un drapeau noir. Elle leur aurait mis ce dernier au visage pour les empêcher de filmer. Elle aurait aussi bousculé des constables et aurait tenté d'enlever la caméra de l'un d'eux. Les actions qui sont reprochées à chacun sont énumérées. «Quand, comme dans le cas présent, des vandales se servent de manifestations autrement pacifiques pour commettre du saccage ayant pour but de pénaliser l'ensemble de la communauté universitaire, il est du devoir de l'UdeM de ne pas encourager l'impunité de ces vandales, et de faire assumer les dommages aux responsables qui ont pu être identifiés», lit-on dans la poursuite.

Des accusations criminelles ont été déposées contre chacune de ces six personnes en 2012 en lien avec cette affaire. Les procès n'ont pas encore eu lieu. L'Université dit avoir attendu la fin de leur session pour intenter cette poursuite civile, afin de ne pas nuire à leur cheminement scolaire.

Me Denis Poitras, qui défend les six individus dans leur cause criminelle, n'était pas au courant de cette poursuite civile. «Je ne le savais pas», a-t-il dit à La Presse.




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