«Déception» est un mot trop faible pour qualifier le sentiment qui habite aujourd'hui Me Anne-France Goldwater, la bouillante avocate à l'origine de la saga Lola.

Mis à jour le 25 janv. 2013
Christiane Desjardins LA PRESSE

«C'est une triste journée pour le droit familial», a commencé par dire Me Goldwater, ce matin, en conférence de presse. L'avocate a signalé qu'elle ne comprenait pas «cette froideur de la Cour suprême», et a noté qu'il s'agit d'un jugement extrêmement divisé, cinq à quatre. Me Goldwater ne s'avoue pas vaincue et appelle à un débat de société. Elle pense que le débat reviendra inévitablement devant la Cour suprême.

Me Goldwater représente Lola depuis le début dans son litige avec Éric. C'est elle qui a plaidé en Cour supérieure et en Cour d'appel, mais ce n'est pas elle qui a plaidé en Cour suprême. Pour une question monétaire, se désole-t-elle.

La seule province

Interrogée peu de temps après l'annonce de la décision, l'avocate Sylvie Schirm, spécialisée en droit de la famille, se disait surprise que le plus haut tribunal au pays maintienne le statu quo pour les conjoints de fait.

«Je suis surprise. Le Québec est la seule province à ne pas avoir cette législation-là. Je m'attendais à ce que la Cour Suprême intervienne pour plusieurs raisons. Ce n'est pas le cas, cela nous apprendra à interpréter les propos d'un juge lors d'une audience, versus le jugement un an plus tard», a indiqué celle qui a assisté aux plaidoiries à la Cour suprême.

Me Schirm pense que le gouvernement devrait quand même regarder la situation des conjoints de fait. «La seule chose que le Québec peut faire, c'est proposer un amendement. Mais je doute qu'il le fasse.»

L'union libre est une liberté que certains paient cher parfois. «Cela prend une éducation populaire, il faut signer des contrats», est d'avis l'avocate qui, en 2009, a publié un livre intitulé «Être conjoints de fait, Pour une vie à deux sans soucis

Photo archives La Presse

Sylvie Schirm