Le tribunal donne partiellement raison à l'analyste politique de TVA, Jean Lapierre, dans sa poursuite en diffamation contre l'ancien directeur des émissions d'affaires publiques à Radio-Canada Pierre Sormany. Ce dernier avait affirmé sur Facebook que Lapierre offrait des services de relations publiques à Tony Accurso.

Mis à jour le 7 sept. 2012
Gabrielle Duchaine LA PRESSE

M. Lapierre réclamait 350 000$ pour atteinte à sa réputation. La Cour ne lui accorde toutefois que 22 000$ pour préjudice moral. Le juge Michel Yergeau a refusé de condamner le défendeur à verser des dommages punitifs parce que, selon lui, «Pierre Sormany n'a pas agi de manière intentionnelle».

Un message sur Facebook

L'affaire remonte au mois de septembre 2011, après une entrevue controversée de Jacques Duchesneau à l'émission Tout le monde en parle. Pierre Sormany, à l'époque patron de l'émission Enquête, avait écrit sur la page Facebook d'une collègue journaliste que Jean Lapierre était un «ancien politicien et animateur-choc de TVA et LCN, mais qui offre aussi ses services-conseils en relations publiques et qui a parmi ses clients nul autre que son ami l'entrepreneur Antonio Accurso». Il croyait envoyer un message privé, mais le message était visible par tous.

Piqué au vif, Jean Lapierre a tout nié et intenté une poursuite. M. Sormany a quitté ses fonctions à la société d'État dans la foulée.

Pas de volonté de nuire

Un an plus tard, le juge Yergeau conclut que M. Lapierre n'a perdu dans cette affaire ni son honneur, ni sa réputation, mais que l'un et l'autre ont néanmoins été entachés. «Rien ne démontre que Sormany avait le désir et la volonté de porter préjudice à Lapierre», dit le jugement.

Même si le tribunal ne lui accorde qu'une fraction de ce qu'il réclamait, l'animateur est satisfait. «Je suis soulagé que ce soit réglé, a-t-il déclaré. C'est une leçon qui montre qu'on ne peut pas écrire n'importe quoi sur les réseaux sociaux. Pour moi, c'était important parce que ce qui avait été dit était faux.»