Portez un gilet de sauvetage, restez sobre et gardez l'oeil sur vos enfants, a averti hier la Société de sauvetage, qui recense déjà 52 noyades au Québec depuis le mois de janvier.

Mis à jour le 16 juill. 2010
Catherine Handfield LA PRESSE

Hier encore, un adolescent s'est noyé dans la rivière Yamaska, à Lac-Brome, en Estrie. Il a disparu dans un remous vers 15h, alors qu'il se baignait avec deux autres adolescents. Au moment de mettre sous presse, une fillette de 17 mois se trouvait également dans un état critique après avoir été retrouvée au fond de la piscine de sa résidence du quartier Pierrefonds à Montréal.

À l'aube des vacances de la construction, c'est donc sur cette triste note que le directeur général de la Société de sauvetage, Raynald Hawkins, a lancé hier la 15e Semaine nationale de la prévention de la noyade, qui aura lieu du 17 au 24 juillet.

Un bilan plus élevé

À ce jour, le bilan des noyades au Québec est de 40% plus élevé qu'en 2009, selon les données provisoires de l'organisme. À pareille date l'an dernier, il y avait eu 30 noyades; on en compte 52 cette année.

Comment expliquer cette hausse majeure? Le temps clément que le Québec a connu l'hiver dernier y est pour beaucoup, selon M. Hawkins. Plusieurs accidents sont survenus sur les cours d'eau alors que la glace était trop mince pour s'y aventurer.

Malheureusement, le bilan des noyades risque de s'alourdir au cours des prochains jours, selon la Société de sauvetage.

«Techniquement, c'est la période de l'année où nous allons enregistrer le plus de noyades en une semaine», a averti M. Hawkins. Qui plus est, le beau temps risque d'inciter plusieurs vacanciers à s'adonner à des activités nautiques et aquatiques.

La Société de sauvetage invite donc à la prudence. Encore aujourd'hui, l'alcool est en cause dans le tiers des noyades, souligne M. Hawkins. Dans 7 cas sur 10, les victimes ne portaient pas de gilet de sauvetage ou le portaient mal.

Noyades et immigrants

Par ailleurs, la Société de sauvetage a publié hier les conclusions d'une étude qui démontre que les immigrants courent beaucoup plus de risques de se noyer que les autres Canadiens.

Les nouveaux arrivants sont quatre fois plus nombreux que les «de souche» à déclarer qu'ils ne savent pas nager, selon l'étude réalisée par la firme Ipsos Reid auprès de 1032 répondants. Près d'un tiers des immigrants sont nerveux près de l'eau et la moitié des parents craignent que leurs enfants se noient.

«Ça ne fait pas nécessairement partie de la culture des nouveaux arrivants de fréquenter des lieux de baignade et, la plupart du temps, ils ne savent pas nager», a souligné Raynald Hawkins.

La Société de sauvetage entend sensibiliser cette clientèle à l'importance des cours de natation et des règles de sécurité.

Avec Daphné Cameron