«Je n'ai reçu aucune menace, je n'ai de problème avec personne. C'est sans doute une plaisanterie», laisse tomber le propriétaire d'une résidence ciblée cette nuit par un cocktail Molotov, dans l'arrondissement Outremont.

Hugo Meunier LA PRESSE

En fait, l'incendie criminel aurait été allumé dans une flaque d'huile déversée devant la porte de sa maison cossue en pierre des champs située sur la Place du Vésinet, à l'angle de l'avenue McCulloch.

Les dommages causés par l'attaque seraient considérables. Les flammes se sont limitées à la structure de la résidence.

Si bien que rien sauf de la fumée n'était visible à l'intérieur de la maison lorsque Patrick Bubendorff et sa famille ont été tirés du lit par l'alarme incendie, peu avant quatre heures ce matin. «Ça a dû brûler une bonne demi-heure avant que l'alarme ne parte», croit M. Bubendorff, un agent immobilier qui habite la résidence visée depuis une dizaine d'années.

Devant lui, une flaque d'huile est encore bien visible dans les escaliers. Quelques auto-patrouilles du Service de police de la Ville de Montréal sont toujours sur place et la Section des incendies criminels a ouvert son enquête.

Personne n'a heureusement été blessé dans l'attaque.

M. Bubendorff, sa conjointe et leurs deux filles qui dormaient à l'étage ont pu sortir à temps grâce au détecteur de fumée. «On a eu de la chance que mon père l'entende, on ne se serait peut-être pas réveillées», souligne une des filles de M. Bubendorff, qui dit n'avoir jamais entendu l'alarme sonner.

La vigilance d'un voisin a aussi peut-être contribué à éviter le pire. «Je ne dormais pas quand c'est arrivé. J'ai entendu un bruit. Quelques minutes plus tard, j'ai senti la fumée. J'ai réveillé ma femme et les enfants et je suis venu voir», raconte Maxime Vanasse.

Devant la porte, il dit avoir aperçu un sac en nylon dans lequel semblait se trouver un morceau de tissu imbibé d'huile.

En attendant d'en apprendre plus sur les circonstances de l'incendie -et vu l'état de la maison-, M. Bubendorff et sa famille devront être logés quelque part.

Dans leur malheur, la conjointe de l'agent immobilier salue néanmoins le travail des pompiers. «J'ai été impressionnée par eux. Ils ont mis des bâches par-dessus des meubles pour les protéger et ils ont déplacé des tableaux.»

Les policiers n'ont pour le moment aucun suspect dans le collimateur.