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Le syndicat du Casino lie la mort d'un employé au lock-out

La mort d'un employé de 63 ans, terrassé par une crise cardiaque au Casino de... (Archives La Presse)

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Archives La Presse

La mort d'un employé de 63 ans, terrassé par une crise cardiaque au Casino de Montréal en février dernier, est liée au lock-out imposé aux agents de sécurité depuis huit mois, accuse la CSN.

Le syndicat estime que la mort de cet employé, dont on a tu le nom à la demande de la famille, a été l'occasion d'un tragique festival d'erreurs, décrit dans un rapport d'enquête remis aux journalistes hier en conférence de presse. Des cadres sans formation adéquate accourus à son chevet le matin du 6 février jusqu'au cafouillage des ascenseurs, «ils n'ont pas suivi les procédures», affirme Rick Scopelleti, président de l'unité regroupant les 190 agents en lock-out depuis août 2008.

 

M. Scopelleti estime que la clientèle et les employés du Casino sont «en danger» depuis que la direction a remplacé les agents rompus aux manoeuvres d'urgence par des cadres.

Du côté du Casino de Montréal, on rejette d'un revers de main ces accusations. «On a déclenché une enquête interne: les protocoles ont été suivis à la lettre, dit Patrice Léger-Bourgoin, porte-parole. Ce qui me sidère, c'est qu'on utilise le deuil d'une famille pour en faire une question de négociation de convention collective.»

Des cadres bien formés?

Selon le rapport d'enquête syndicale, un certain nombre de «faits troublants» a entouré le décès de l'employé de 63 ans. Entre le moment où le sexagénaire a eu un malaise (6h05) et l'arrivée des ambulanciers (6h17), aucune manoeuvre de réanimation cardio-respiratoire (RCR) n'a été effectuée. Quatre superviseurs et deux infirmières étaient pourtant à son chevet, note le rapport syndical, qui en conclut qu'aucune des six personnes n'avait la formation adéquate.

Faux, rétorque l'employeur. «En une minute, six personnes qualifiées étaient à son chevet, et les quatre superviseurs connaissaient la RCR», dit M. Léger-Bourgoin, invoquant l'obligation de confidentialité qui l'empêche de donner plus de détails. Il ajoute cependant une observation révélatrice: «Là où je suis pantois, c'est que dans le rapport, on insiste sur le fait que la personne a été terrassée par une crise cardiaque. Or, il n'y a pas eu d'autopsie. Les infirmières, je vous le rappelle, ont un jugement médical et une formation qui va bien au-delà de la RCR.»

Le porte-parole précise que «la plupart» des cadres affectés au remplacement des agents de sécurité ont cette formation. À ces cadres s'ajoutent deux infirmières en permanence, 24h sur 24, ainsi qu'un médecin qui assure des soins selon un horaire aléatoire. «À part les hôpitaux, s'il y a un lieu à Montréal où il faut tomber malade, c'est au Casino.»

L'autre accusation de cafouillage concerne l'utilisation des ascenseurs, relatée dans le rapport syndical. On y apprend que les ambulanciers ont dû s'arrêter à tous les étages, du sous-sol au cinquième étage, parce que le cadre qui les escortait n'arrivait pas à trouver la clé pour «bloquer» l'ascenseur.

Même scénario au départ des ambulanciers, qui ont dû monter deux étages avant de redescendre, toujours selon le syndicat, qui évoque des témoignages selon lesquels l'employé était vraisemblablement mort à son départ du Casino.

Cette version des faits est contredite sans ménagement par la direction. «Le rapport interne que j'ai lu, et la manière dont le syndicat décrit ça, c'est diamétralement opposé, affirme Patrice Léger-Bourgoin. Les ambulanciers sont arrivés à 6h17, et à 6h26, ils étaient en direction de l'hôpital. Quand ils ont quitté, l'employé était encore vivant. Neuf minutes entre leur arrivée et leur départ, c'est tout à fait à l'intérieur de nos paramètres.»

Estimant qu'il s'agissait d'une mort «suspecte», le vice-président de la CSN, Roger Valois, a demandé que le bureau du coroner et la Commission de la santé et de la sécurité du travail se penchent sur ce dossier. Tant le bureau du coroner que la CSST ont confirmé à La Presse qu'aucune enquête n'était en cour.

 




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