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Meurtre par compassion: «J'ai sauté ma coche», a écrit Michel Cadotte

Michel Cadotte... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Michel Cadotte

Photo Robert Skinner, archives La Presse

NICOLAS BÉRUBÉ
La Presse

Dans les instants qui ont suivi la mort de Jocelyne Lizotte dans un centre d'hébergement de Montréal, en 2017, son mari Michel Cadotte a envoyé un texto à Sylvain Lizotte, son beau-frère.

« Désolé le beau-frère, je sais que ça te fait de la peine, mais j'ai sauté ma coche, elle n'est plus de ce monde », disait le message, lu mardi matin par le procureur de la Couronne, Me Antonio Parapuf, lors de la première journée d'audience du procès pour meurtre de Michel Cadotte.

Michel Cadotte, 57 ans, est accusé de meurtre au deuxième degré sur sa femme très malade, Jocelyne Lizotte, 60 ans. Le drame est survenu le 20 février 2017 au Centre d'hébergement Émilie-Gamelin. Michel Cadotte a plaidé non coupable.

Au moment de sa mort, Mme Lizotte souffrait de la maladie d'Alzheimer depuis une dizaine d'années. Son état s'était détérioré au point où « elle ne pouvait plus s'occuper d'elle, communiquer avec ses proches ou les reconnaître, a dit Me Parapuf. [Michel Cadotte] vivait difficilement l'état de santé de son épouse. »

En 2016, M. Cadotte avait demandé de l'information concernant l'aide médicale à mourir pour sa femme, mais s'était vu répondre que cette dernière n'y était pas admissible, car « elle n'était pas en fin de vie et elle n'était pas apte à y consentir », a dit Me Parapuf.

PRÉSENTATION D'IMAGES PRISES SUR LES LIEUX ET DE PIÈCES À CONVICTION

La Couronne affirme que M. Cadotte a décidé de ne pas se rendre à son travail le matin du 20 février, mais plutôt à la chambre 476 du Centre d'hébergement Émilie-Gamelin, où sa femme résidait depuis trois ans.

Vers 12 h 45, une infirmière a tenté d'entrer dans la chambre de Mme Lizotte, mais M. Cadotte bloquait la porte, affirmant que sa femme était en train de dormir. Environ 15 minutes plus tard, il a demandé au personnel d'appeler le 9-1-1.

« Il a admis avoir étouffé sa femme avec un oreiller, a noté Me Parapuf. La preuve vous convaincra hors de tout doute qu'il a voulu la mort, et que ses gestes étaient intentionnels. »

Mardi, l'agente Chantal Cusson, technicienne en identité judiciaire au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), est venue présenter les images prises sur les lieux ainsi que les pièces à conviction saisies, dont un oreiller et une taie blanche.

Le procès se déroule devant un jury de douze citoyens (huit hommes et quatre femmes) au palais de justice de Montréal. La juge Hélène Di Salvo préside le procès, qui devrait durer six ou sept semaines.

Michel Cadotte est représenté par les avocats Nicolas Welt et Elfriede-Andree Duclervil, tandis que la Couronne est représentée par les procureurs Geneviève Langlois et Antonio Parapuf.




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