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Faux docteur: pas moyen d'aller en prison

Douglas Dawson, condamné à plusieurs reprises pour exercice... (PHOTO DAVID BOILY,  LA PRESSE)

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Douglas Dawson, condamné à plusieurs reprises pour exercice illégal de la médecine, au palais de justice de Montréal pour de recevoir sa peine pour des actes illégaux posés en 2012.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

(Montréal) Il n'est pas toujours facile de payer son dû à la justice de nos jours. N'ayant pas les moyens de payer les amendes faramineuses qu'on lui impose pour pratique illégale de la médecine, Douglas Dawson a appris, jeudi, qu'il n'y a pas moyen non plus d'aller expier en prison.

La juge en était sincèrement désolée. «Je trouve regrettable qu'on ne puisse faire autrement. La Cour aurait voulu être plus efficace. Nous devons vivre avec ce qui est imposé par la loi», s'est excusée la juge Dominique Benoît, après avoir statué qu'en raison du Code de procédure pénale, elle ne pouvait envoyer M. Dawson en prison. Et cela même si c'est la peine que les avocats recommandaient. L'avocat du Collège des médecins, Stéphane Gauthier, et celui de l'accusé, Me Jérôme Houde, s'entendaient pour six mois de prison, au lieu de l'amende de 80 000 $ que M. Dawson sera de toute façon incapable de payer.

En homme avisé, M. Dawson était arrivé au palais de justice avec son petit bagage, disposé à passer l'été à l'ombre. Mais à la fin de la séance, il a été contraint de retourner chez lui avec son bagage, et la fameuse amende de 80 000 $. Déjà qu'il n'avait pas payé celle de 32 000 $ qu'on lui avait imposée en 2009, pour les mêmes raisons.

M. Dawson est comme on dit, un charlatan récidiviste.

C'est la quatrième fois depuis 1995 que l'homme au physique imposant et au crâne rasé est condamné pour pratique illégale de la médecine. Le Collège des médecins l'a à l'oeil. En 2012, l'organisme a envoyé une fausse patiente chez le faux médecin. La femme prétendait avoir mal à l'épaule, disait qu'on lui avait diagnostiqué une hernie discale. M. Dawson n'était pas de cet avis. Il a décrété qu'elle n'avait aucune hernie discale, puisque son visage était droit et que son nez et sa bouche étaient coordonnés. Selon l'enquêteuse, il lui a dit qu'il était médecin et chirurgien et qu'il pouvait l'aider. Il a fait des manoeuvres avec des instruments qu'il avait construits.

Un genre de pommeau de douche pour appliquer de la chaleur, un semblant de détartreur de dentiste pour supposément lever les nerfs de l'épaule, un bâton qu'il prétendait lui rentrer à l'intérieur du bras... Advenant le cas où les traitements ne feraient pas effet, il pouvait l'opérer avec un docteur au nom évocateur de «Mic Mac».

Tout cela pour dire que M. Dawson s'est retrouvé avec trois accusations de pratique illégale de la médecine et deux accusations pour avoir laissé croire qu'il était médecin. Il a plaidé coupable à tout cela, en janvier dernier.

Pas de prison au pénal

Si la juge n'a pas envoyé M. Dawson en prison, jeudi, c'est que selon la lecture qu'elle fait du Code de procédure pénal, ainsi que les décisions des tribunaux supérieurs, un juge ne peut imposer de la prison, à moins qu'il y ait risque que l'accusé puisse se soustraire à la justice. Or, M. Dawson n'a aucune intention de s'enfuir.

La juge a donc imposé l'amende. Ce sera ensuite au Percepteur des amendes de faire le suivi, et s'il le faut, ramener M. Dawson devant un juge en recommandant l'emprisonnement.




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