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Victimes des gangs de rue

Une récente étude démontre que la manipulation est... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Une récente étude démontre que la manipulation est monnaie courante dans les gangs de rue.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Le quart des membres de gang de rue admettent avoir déjà soûlé ou drogué une jeune fille pour la forcer à avoir des relations sexuelles, contre 15% des autres délinquants dits «prolifiques».

«C'est préoccupant parce qu'aucun des 226 gars de notre échantillon n'avait jamais été arrêté pour ce genre d'agressions», précise Chantal Fredette, de l'École de criminologie de l'Université de Montréal.

L'étudiante au doctorat et une équipe de chercheurs ont dévoilé leurs résultats préliminaires à Québec, vendredi dernier, lors du septième Congrès international francophone sur l'agression sexuelle. «Sans paniquer en voyant ces jeunes comme un bassin de violeurs en puissance, il faut prendre l'habitude d'évaluer leur rapport aux femmes, même quand ils ne sont pas accusés d'agression. Et, en cas de problème, il faut les soumettre à des programmes», a précisé Mme Fredette en entrevue.

En plus d'admettre droguer les femmes qu'ils convoitent, 17% des membres de gang disent les manipuler pour arriver à leurs fins, alors qu'aucun n'avoue avoir déjà utilisé la force. «Qu'ils disent vrai ou non, on peut s'inquiéter puisque des femmes sont victimes de coercition sans même en être conscientes», dit Mme Fredette.

Autre constat: les délinquants prolifiques se révèlent assez semblables à la moyenne des agresseurs sexuels en termes de misogynie, de machisme et d'hostilité face aux femmes. Et c'est particulièrement vrai pour les membres de gang. «D'un point de vue de santé publique, il faut se soucier de ces distorsions cognitives et non pas intervenir seulement sur leur conduite délinquante», estime Mme Fredette. L'intérêt: prévenir non seulement les agressions sexuelles, mais la violence conjugale.

Chose certaine, les problèmes s'installent tôt; 59% des participants à l'étude avaient été exposés à la pornographie au tout début de l'adolescence.

*** 

DES CHIFFRES PRÉOCCUPANTS

226 : Nombre de délinquants prolifiques* (dont 53 se disaient membres de gang de rue) âgés de 14 à 41 ans et recrutés dans cinq centres jeunesse et deux établissements de détention québécois.

*Les délinquants dits prolifiques sont responsables de plus de 80% des crimes commis alors qu'ils représentent 10% de tous les criminels.

25% : Proportion des membres de gang qui admettent avoir utilisé l'alcool et la drogue pour forcer une fille à avoir des relations sexuelles, contre 15% des autres délinquants prolifiques.

17% : Proportion des répondants qui admettent avoir utilisé la manipulation, contre 10% des autres délinquants prolifiques.

Parmi les 141 participants à l'étude âgés de moins de 30 ans:

13 ans : Âge moyen de la première relation sexuelle (contre 16 ans chez les jeunes en général)

42% : Proportion de participants responsables d'une grossesse

47% : Proportion d'adeptes de sexe en groupe

51% : Proportion de jeunes ayant eu des relations sexuelles sans condom à au moins trois reprises




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