(Londres) Le député conservateur britannique Neil Parish a annoncé samedi sa démission, avouant qu’il avait bel et bien regardé de la pornographie à la Chambre des communes, ce dont il avait été accusé par d’autres parlementaires.

Publié le 30 avril
Agence France-Presse

« Je cherchais des tracteurs », a assuré à la BBC l’élu de 65 ans, ancien fermier. « Je suis tombé sur un autre site qui avait un nom similaire et j’ai regardé pendant un moment, ce que je n’aurais pas dû faire », a-t-il tenté d’expliquer.

« Mais mon crime, mon plus grand crime, c’est que j’y suis retourné une seconde fois et c’était délibéré », a-t-il avoué au bord des larmes, évoquant un « moment de folie ».

Dans un entretien au Daily Telegraph publié samedi matin, il avait suggéré avoir peut-être ouvert le site « par erreur ».

« Nous soutenons la décision (de Neil Parish) de quitter ses fonctions comme membre du Parlement », a affirmé un porte-parole des conservateurs de la circonscription de Tiverton et Honiton, où avait été élu M. Parish en 2019.

L’annonce de sa démission intervient après qu’une enquête avait été ouverte mercredi par le parti conservateur de Boris Johnson concernant l’incident.  

Le nom du député n’avait pas été dévoilé, mais M. Parish s’était signalé lui-même auprès de la commission du Parlement chargée des questions de conduite des députés, avaient annoncé vendredi les conservateurs, qui l’avaient suspendu de leur groupe parlementaire le temps de l’enquête.

L’élu avait alors annoncé qu’il souhaitait « continuer à assurer son rôle de député pendant que les investigations sont en cours ».

De nombreux députés insistaient pour qu’il démissionne avant les conclusions de l’enquête si les accusations à son encontre étaient vraies.

« Neil Parish doit penser que nous sommes nés de la dernière pluie. Les conservateurs de Boris Johnson sont un embarras national », a réagi la députée Angela Rayner.

Cette parlementaire travailliste s’était retrouvée au cœur d’une attaque misogyne le week-end dernier après que des députés conservateurs anonymes l’avaient accusée d’aimer détourner l’attention du premier ministre en croisant et en décroisant les jambes au Parlement, des commentaires que Boris Johnson a qualifiés lundi de « foutaises sexistes et misogynes ».

La semaine dernière également, le Sunday Times avait révélé que trois ministres et deux députés de l’opposition faisaient l’objet d’accusations de « mauvais comportements de nature sexuelle ».

Ils figurent parmi 56 députés signalés à un bureau chargé d’enregistrer ces plaintes, mis en place à la suite du mouvement « Metoo ».