(Parque Nacional Patagonia) Sauvés puis soignés par les hommes, Pumalin et Liquiñe, deux jeunes condors des Andes, une espèce vulnérable, ont retrouvé la liberté dans le parc national de la Patagonie chilienne.

Publié le 19 février
Pablo COZZAGLIO Agence France-Presse

Âgés de deux ans à peine, ils sont extraits d’une cage positionnée en bord de falaise au-dessus d’une vallée et déploient leurs ailes de 2,7 mètres d’envergure. Claudiquant jusqu’à la corniche, ils prennent leur envol. À nouveau libres après avoir été secourus 14 mois plus tôt.

« Le retour à la vie sauvage est un énorme défi », reconnaît Cristian Saucedo, 48 ans, directeur du programme de la faune sauvage à la Fondation Rewilding Chile, héritage légué par le défunt philanthrope américain Douglas Tompkins.

Le milliardaire avait acheté puis fait don, en 1990, de 8000 km² de terres au Chili et en Argentine pour que les deux pays perpétuent son travail engagé dans la préservation des espèces.

Pumalin et Liquiñe doivent désormais « réapprendre les codes de la société des condors », prévient M. Saucedo et se nourrir des restes d’animaux morts qui constituent leur principale source alimentaire.

Les deux condors sont géolocalisés en permanence grâce aux puces implantées dans leurs ailes. « Nous renforçons ainsi leur rôle de charognards dans l’écosystème de la Patagonie », explique M. Saucedo.

Appâts toxiques

Pumalin, un mâle, avait été secouru alors qu’il était incapable de s’envoler « après un orage […] trempé avec des signes de refroidissement ». Liquiñe, une femelle, a été retrouvée après une « libération ratée » et sauvée une seconde fois, explique M. Saucedo, qui, avec son équipe, a nourri et soigné les deux oiseaux.

À présent ils planent au-dessus des sommets accidentés bordant le Parc national de Patagonie, composé des réserves de Tamango et de Jeinimeni, et la vallée de Chacabuco qui abrite 70 % des condors du Chili.

L’espèce classée « vulnérable » selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est répartie dans les Andes, principalement au Chili, en Argentine et au Pérou, mais se retrouve également en Bolivie, Équateur, Colombie et Venezuela.

« La plus grande menace, ce sont les appâts toxiques employés par les éleveurs pour empoisonner les pumas ou les chiens sauvages qui mangent leur bétail. Car, quand les condors arrivent, ils mangent ensemble et peuvent mourir par groupes de trente », explique Dominic Duran, directeur exécutif du projet Manku pour la conservation du condor des Andes au Chili.

Il pointe également la chasse, les décharges mal gérées et le manque de nourriture, avec la réduction du nombre de guanacos, ces camélidés sauvages d’Amérique du Sud apparentés aux lamas, dont les condors se chargent de nettoyer les cadavres.