Parce qu'il s'est offert une plaque d'immatriculation personnalisée insultant le parti au pouvoir à Bucarest, un Roumain expatrié en Suède a provoqué la colère des autorités roumaines, entraînant l'intervention de la diplomatie suédoise.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les photos de la voiture de Razvan Stefanescu, 45 ans, ont fait le tour des réseaux sociaux depuis qu'il est rentré dans son pays pour les vacances, il y deux semaines. Ses plaques d'immatriculation suédoises adressent en effet un message sans ambiguïté au parti social-démocrate (PSD) au pouvoir: «MUIEPSD» («nique le PSD»).

Cette injure est l'un des slogans fréquemment entendus dans les manifestations antigouvernementales récurrentes en Roumanie depuis le retour au pouvoir fin 2016 du PSD, accusé de museler l'indépendance de la justice.

La provocation de M. Stefanescu a brutalement pris fin lundi lorsque son permis de conduire et ses plaques d'immatriculation ont été confisqués par la police roumaine. Il fait également l'objet d'une plainte pour conduite illégale.

La police a organisé une conférence de presse pour invoquer une convention internationale selon laquelle «les immatriculations doivent être composées de chiffres ou bien de chiffres et de lettres».

«Donc quand j'ai franchi la frontière, j'étais dans la légalité et ensuite non? C'est absurde. Si j'avais un message sur le Père Noël, ça ne poserait de problème à personne», a déclaré M. Stefanescu.

L'ambassade de Suède s'est sentie obligée d'intervenir pour préciser que les plaques d'immatriculation émises par la Suède étaient légales dans toute l'Union européenne, mais que la décision d'accepter sur son territoire le véhicule les exhibant était du seul ressort de la Roumanie.