L'existence du monstre du Loch Ness ne faisait «aucun doute» pour le chef de la police officiant dans les années 1930 dans le comté d'Inverness où se trouve le célèbre lac écossais, selon un courrier adressé aux autorités britanniques.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Qu'une créature étrange se trouve dans le Loch Ness ne fait désormais aucun doute mais que la police dispose d'un quelconque pouvoir pour le protéger est plus qu'incertain», écrit William Fraser dans une lettre datée du 15 août 1938, adressée au sous-secrétaire d'Etat en charge de l'Ecosse et publiée lundi par les Archives nationales d'Ecosse.

Il s'inquiète en particulier de la présence dans la région de deux chasseurs «déterminés à capturer le monstre mort ou vif», indiquant avoir «prévenu» l'un d'entre eux «du désir que la créature soit laissée tranquille». «Mais il reste à voir si mon avertissement aura l'effet souhaité», écrit le chef de la police.

Personne n'a jamais pu prouver avoir vu «Nessie» -parfois qualifié de dragon, de serpent de mer ou autre -  dont la légende remonte au 17e siècle. Des «apparitions» sont toutefois évoquées régulièrement -quatre en 2005 - et les canulars sont nombreux sur le sujet.

En 1933, à la suite de plusieurs signalements et de la publication d'articles et de photographies de mauvaise qualité dans les journaux, le gouvernement écossais avait été invité à confirmer l'existence ou non d'une créature dans le Loch Ness.

Un député avait même déposé une question auprès de la chambre des Communes au Parlement de Westminter pour étudier l'opportunité, au nom de la science, d'enquêter sur la présence d'un monstre.

Après avoir évoqué le déploiement d'«observateurs dignes de confiance» autour du loch avec des appareils photo ou le survol en avion pour faire des photos aériennes, les autorités britanniques avaient estimé qu'étant donné l'intérêt touristique qu'il suscitait, il était préférable de laisser le monstre tranquille plutôt que d'essayer de le tuer.

Dans un courrier en 1933, William Fraser avait estimé que «la seule façon dont la police pourrait se rendre utile, (serait) de prévenir les habitants aux alentours (du loch) et autant de visiteurs que possible que la préservation du monstre est souhaitable».