Depuis des mois, les candidats à la mairie de Montréal parcourent un à un les quartiers de la métropole dans l’espoir de séduire une majorité des quelque 1,1 million d’électeurs inscrits au scrutin qui se conclut dimanche. Entre annonces et activités partisanes, nos journalistes racontent une journée passée aux côtés de Valérie Plante, Denis Coderre et Balarama Holness.

Publié le 5 nov. 2021
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse
Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

La méthode Valérie Plante

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Annonce de la mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, au parc Saint-Alphonse, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, le 1er novembre dernier, en compagnie de Julie Roy, candidate au poste de conseillère de la ville dans le district de Saint-Sulpice (à gauche), et Émilie Thuillier, mairesse sortante de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville

Les journées de Valérie Plante commencent tôt, souvent à la piscine. Entre les annonces aux journalistes et les rencontres avec les candidats, son horaire est réglé comme du papier à musique. Ce qui ne l’empêche pas de faire un brin de jasette avec des électeurs, dont beaucoup lui demandent de se prendre en photo avec elle… parfois entre deux bouchées de hot-dog.

9 h

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Réunion matinale au domicile de Valérie Plante avec son directeur des relations médias, Youssef Amane (à gauche), sa cheffe de cabinet, Marie-Ève Gagnon, et son attachée de presse, Catherine Cadotte

À son domicile du quartier Rosemont, Valérie Plante a encore ses pantoufles à pompons aux pieds et prend son café, dans sa cuisine fraîchement rénovée. Mais elle est au travail depuis longtemps, à lire des documents et sa revue de presse. Trois fois par semaine, elle est dans la piscine à 7 h pour nager un kilomètre. Mais pas aujourd’hui. Son directeur des relations médias, Youssef Amane, est à ses côtés alors que sa cheffe de cabinet, Marie-Ève Gagnon, et son attachée de presse, Catherine Cadotte, apparaissent sur son iPad. On prépare l’annonce du jour, qui aura lieu dans une heure. Mme Plante reçoit un texte, pose des questions, prend des notes.

9 h 40

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Valérie Plante dit au revoir à son mari, Pierre-Antoine Harvey, avant de partir pour la journée.

Elle souhaite bonne journée à son mari, Pierre-Antoine Harvey, qui a pris deux semaines de congé pour l’aider. Il fait du porte-à-porte pour Projet Montréal. « La décision de me représenter, je l’ai prise en famille », indique la mère de deux adolescents. « Mon plus jeune trouve ça plus difficile, mais il m’a quand même encouragée à continuer, en me disant : ‟T’es bonne là-dedans, maman !” »

10 h

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La mairesse sortante prend la route à bord d'une Communauto électrique.

Valérie Plante arrive, en Communauto électrique, dans un parc du quartier Ahuntsic, où l’attendent les deux candidates de Projet Montréal Émilie Thuillier et Julie Roy, ainsi qu’une douzaine de journalistes. L’annonce concerne les familles, qui pourront « réaliser des économies allant jusqu’à 1100 $ par année, parce qu’on cherche toujours des façons de remettre plus d’argent dans le portefeuille des parents », dit Mme Plante. Mais les questions des journalistes portent surtout sur la dernière semaine de campagne qui s’amorce, les incendies dans des bâtiments vacants au centre-ville et le refus de Denis Coderre de dévoiler ses revenus et ses clients des dernières années.

11 h 30

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Visite du Manoir Gouin de Cartierville, une résidence pour personnes âgées, avec Émilie Thuillier, mairesse sortante de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, et Anne-Marie Kabongo, candidate au poste de conseillère de la ville dans le district de Bordeaux-Cartierville (à l’arrière-plan)

Après une petite collation (« Je suis toujours en train de manger, du fromage, des noix… J’ai besoin de carburant ! », confie Mme Plante), elle arrive au Manoir Gouin de Cartierville, une résidence pour personnes âgées. « Bonjour, moi, c’est Valérie, je suis la mairesse de Montréal ! », dit-elle à des dames qui attendent pour recevoir leur troisième dose de vaccin. À une autre, elle parle de sa promesse de rendre les transports en commun gratuits pour les personnes de 65 ans et plus. Dans la salle à manger, elle fait le tour des tables. Une résidante lui confie avoir voté pour elle, par la poste. « Merci de me le dire, parce que c’est la dernière semaine de campagne et on a besoin d’énergie », dit la mairesse. Un homme se plaint que le bureau de vote est un peu loin. « On a des bénévoles qui peuvent venir vous chercher », propose Mme Plante.

12 h 30

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La mairesse sortante passe sa commande au célèbre Décarie hot-dog, dans l’arrondissement de Saint-Laurent.

Arrêt chez Décarie hot-dog, une institution de l’arrondissement de Saint-Laurent, où elle rencontre la candidate locale, Dominik Tremblay-Perron. Mme Plante commande des hot-dogs pour son équipe, dont deux gardes du corps qui la suivent en permanence. Une cliente s’approche pour se faire photographier avec elle. Valérie Plante pose, tout sourire, en faisant le V de la victoire avec ses doigts. « J’espère que je n’avais pas de chou entre les dents ? », s’enquiert-elle ensuite en riant.

13 h 30

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Valérie Plante attablée avec la cliente Ghislaine Pesant au café-boulangerie Le Paltoquet, avenue Van Horne

Mme Plante arrive à Outremont, pour visiter quatre commerçants de l’avenue Van Horne avec ses candidats Philippe Tomlinson, Valérie Patreau et Fanny Magini. Au café-boulangerie Le Paltoquet, la mairesse s’assoit avec une cliente en train de lire, Ghislaine Pesant. « C’est une des choses qui me manquent, depuis que je suis mairesse : je n’ai pas le temps de lire », lui confie Mme Plante. Juste en face, au café Dax, le propriétaire Darren Johnston raconte qu’il n’a pas pris un seul congé depuis le début de la pandémie, et qu’il a commencé à vendre du vin pour diversifier ses revenus. Valérie Plante lui demande conseil pour une bonne bouteille. « C’est pour dimanche ! », lance-t-elle, en ajoutant qu’elle n’a pas pris d’alcool depuis le début de la campagne.

14 h 30

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Discussion avec le propriétaire du café Dax, Darren Johnston, dans Outremont

Dans l’ouest du quartier Notre-Dame-de-Grâce, au Monkland Grill, les candidates locales Gracia Kasoki Katahwa et Despina Sourias attendent la mairesse pour rencontrer le propriétaire et prendre des photos avec les employés.

15 h 30

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La mairesse quitte l’hôtel de ville avec son attachée de presse, Catherine Cadotte (à gauche), en route vers son dernier engagement de la journée.

Valérie Plante se rend à son bureau de l’hôtel de ville, pour s’occuper de quelques dossiers. « Même en campagne, le travail de mairesse ne s’arrête pas », fait-elle remarquer.

17 h 30

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Valérie Plante en visite de l’organisme Maison d’accueil des nouveaux arrivants, dans le sous-sol d’une église de L’Île-des-Sœurs

Au sous-sol d’une église de L’Île-des-Sœurs, Mme Plante rencontre des bénévoles de l’organisme Maison d’accueil des nouveaux arrivants, qui préparent des paniers de denrées. « On pense qu’il y a seulement des condos de riches à L’Île-des-Sœurs, mais on voit que les besoins sont là », observe la mairesse. Les bénévoles lui expliquent qu’ils cherchent un local permanent, mais que les coûts de location sont élevés dans le secteur. « On pourrait travailler pour vous aider à trouver un local », répond Mme Plante.

Les poignées de main de Denis Coderre

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Denis Coderre, chef d’Ensemble Montréal et candidat à la mairie, a rencontré des électeurs dans une résidence pour personnes âgées de Lachine, le 29 octobre dernier.

Roi incontesté de la poignée de main et de la tape sur l’épaule, Denis Coderre aime faire campagne. Depuis des semaines, à coups de journées de 16 heures, il utilise sa bonhomie et ses talents de communicateur – pour la 12e fois en 25 ans – afin de convaincre des Montréalais de voter pour lui.

10 h

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Conférence de presse du candidat à la mairie de Montréal Denis Coderre, à Montréal-Nord

Après un petit-déjeuner privé, Denis Coderre arrive au parc Gouin, à Montréal-Nord, pour le dévoilement final de sa plateforme électorale. Alors qu’il a habitué les journalistes qui le suivent à une ponctualité imparable, il accuse aujourd’hui une trentaine de minutes de retard. L’ex-maire en profite pour faire une blague sur l’Escouade mobilité de Valérie Plante, inefficace parce qu’elle serait elle-même « pognée dans le trafic ». Sur la scène, une vingtaine de ses candidats tiennent des pastilles colorées ornées de compliments pour leur chef : « passionné », « compétent », « engagé ». Il discute brièvement avec des candidats et avec son attachée de presse, Elizabeth Lemay, avant de reprendre la route.

11 h 30

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Denis Coderre tout sourire lors de sa visite d’une résidence pour personnes âgées de Lachine, sur l’heure du dîner

Sur le siège passager d’une fourgonnette aux couleurs de son parti, Denis Coderre traverse presque toute la ville après sa conférence de presse : il a rendez-vous dans une résidence pour personnes âgées de Lachine sur l’heure du dîner. M. Coderre papillonne d’une table à l’autre en papotant. Habitués de le voir à la télé, les aînés sont heureux de recevoir sa visite en chair et en os. « Il est sympathique », commente Lucille Labelle, après lui avoir parlé et lui avoir promis son vote. Mais « on peut lui dire n’importe quoi, on changera d’idée quand le temps viendra », rigole-t-elle, espiègle. « J’apprécie que les personnes qui se présentent viennent nous rendre visite et nous donner leur point de vue, ça nous aide à faire nos choix », dit Claudette Viau.

La transformation physique de M. Coderre, depuis 2017, est au centre de beaucoup de conversations. L’enjeu de la sécurité prend aussi beaucoup de place dans l’esprit de ces électeurs. D’ailleurs, tous les résidants avec lesquels La Presse s’est entretenue assurent qu’ils participeront au scrutin. « Ce serait péché de ne pas aller voter », affirme Mme Viau. « Je vais aller voter, je vous le jure. À moins d’être morte. »

13 h

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Denis Coderre visite une mosquée du boulevard Langelier, à Saint-Léonard.

Nouvelle traversée de la ville pour revenir dans le nord-est de Montréal : le candidat à la mairie a rendez-vous dans une mosquée du boulevard Langelier, à Saint-Léonard, pour s’adresser aux fidèles réunis pour la prière du vendredi. « Mon nom est Denis Coderre, mais mes amis maghrébins m’appellent Adbel Koder », blague-t-il. Le reste de son allocution est axé sur l’harmonie entre les communautés, sur l’importance pour les Montréalais de se rassembler plutôt que de se diviser. « Si je reviens en politique, c’est parce que je sens que Montréal est plus divisé que jamais », dit-il. Il est flanqué de sa candidate locale, Arij-Abrar El Korbi, qui a organisé sa présence. Elle s’est d’abord adressée à la foule dans un impressionnant mélange d’arabe et de français. Plus tard, elle a expliqué à La Presse que la sécurité est au cœur de la campagne, à Saint-Léonard : Meriem Boundaoui, victime innocente d’une balle perdue, est morte « au coin de ma rue », a-t-elle dit.

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Visite d’une mosquée du boulevard Langelier, à Saint-Léonard

Les rencontres avec les électeurs, loin des yeux des médias, « je dirais que c’est 75 % de mes journées », explique Denis Coderre dans le stationnement de la mosquée. « Je fais trois ou quatre arrondissements par jour. Je me promène. » L’aspirant maire affirme que la sécurité des rues de Montréal et leur propreté sont au centre des préoccupations des gens avec qui il discute. L’ex-maire, après des mois de campagne officieuse et officielle, ne se dit « pas du tout » fatigué. Son secret : « Je m’amuse, je fais 10 000 pas par jour, je prends soin de moi avec un équilibre. Il faut prendre du temps pour soi. »

14 h 30

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Le candidat à la mairie de Montréal rencontre les membres d’un club de l’âge d’or de Saint-Léonard.

Voyant un trou dans son horaire, la veille au soir, la campagne de Denis Coderre a appelé à la rescousse Maria D’Alesio, leader d’un club de l’âge d’or de Saint-Léonard. La dynamique dame a rassemblé un petit public d’aînés pour écouter M. Coderre, dans le chalet du parc Delorme. Le groupe est conquis d’avance. « Vous savez que mon nom, c’est Coderre, mais en italien, c’est Codere », dit-il, en prononçant à l’italienne. Puis, dans le tourbillon de la tournée continuelle des arrondissements, l’ex-maire gaffe : « Vous avez une équipe ici qui représente très, très bien Montréal-Nord ». Son public réagit aussitôt : « Saint-Léonard ! » « C’est un vieux réflexe de député de Bourassa », se reprend-il, aussitôt pardonné par les aînés qui l’écoutent. Son candidat à la mairie d’arrondissement, Michel Bissonnet, est réélu dans le quartier (comme maire ou député) avec des majorités énormes depuis près de 45 ans. Au menu du jour : la revendication ferme de son public, qui veut absolument un toit au-dessus du terrain local de bocce, un sport proche de la pétanque. Denis Coderre et son équipe promettent d’étudier le dossier, sans prendre clairement position.

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La fourgonnette aux couleurs d’Ensemble Montréal

Après la réunion, Denis Coderre remonte dans sa fourgonnette pour continuer à sillonner les quartiers de Montréal. Deux autres résidences pour aînés sont au programme. La 12e campagne du candidat ne se terminera qu’avec l’annonce des résultats.

La campagne autogérée de Balarama Holness

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal et candidat à la mairie, discute avec des citoyens, le 1er novembre dernier.

Un café et un cellulaire à la main, le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, mène une campagne autogérée sur le terrain. S’il assure avoir une équipe « phénoménale derrière la scène », l’homme de 38 ans admet lui-même se voir comme un « entrepreneur qui a toujours ses mains dans la game ».

11 h

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Balarama Holness rencontre une quinzaine de candidats de Mouvement Montréal au GotSoul Café, dans la Petite-Bourgogne.

C’est dans la Petite-Bourgogne, au GotSoul Café, que le candidat à la mairie nous avait donné rendez-vous lundi matin, en fin de matinée, après avoir passé son début de journée dans les bureaux de La Presse, en entrevue éditoriale. À notre arrivée, une quinzaine de candidats sont déjà attablés, prêts à louanger la vision « inclusive » de leur chef. « Je suis à Montréal depuis 2013, j’ai vécu les administrations de Denis Coderre et Valérie Plante. Et c’est la première fois que je vois un parti qui représente vraiment les Montréalais », lâche notamment l’aspirante-conseillère de Villeray, Anastasia Pomares, à ce sujet. « Quand on regarde nos candidats, c’est là où je pense qu’on se démarque. La crème va monter éventuellement, quand on aura le big data et le financement qu’ont les autres partis », ajoute Balarama Holness, à ses côtés. Il ne s’inquiète pas outre mesure des candidats qui ont quitté le navire, dans la foulée de la fusion – finalement abandonnée – avec Ralliement pour Montréal. « Ce sont des gens inconséquents. Ce sont des gens pour qui un simple téléphone fait en sorte qu’ils se désistent de l’élection », déplore-t-il.

Midi

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Le candidat à la mairie de Montréal et quelques-uns de ses candidats visitent l’organisme Prévention Sud-Ouest, rue Notre-Dame Ouest.

Le chef et ses troupes rendent ensuite visite à l’organisme Prévention Sud-Ouest, rue Notre-Dame Ouest, dont la mission est de prévenir la criminalité par le bénévolat, des activités sociales et la création d’emplois. Le choix de cette visite n’est pas un hasard pour M. Holness, qui a fait du réinvestissement dans les infrastructures sportives, culturelles et récréatives un cheval de bataille dans cette campagne, surtout dans les arrondissements « sous-financés » dans les dernières années. Sur place, le médiateur urbain Frénel Buissereth dit « aimer ce qu’[il] entend » de la jeune formation, mais lui demande d’« aller voir les gens sur le terrain », d’être « présente même après l’élection », au-delà du 7 novembre prochain. Les candidats de Mouvement Montréal s’y engagent, d’ailleurs.

13 h

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Balarama Holness, téléphone à la main, en marge d’une rencontre avec des membres de la Mile End Community Mission

Tout au long de la journée, le chef sort son cellulaire, semblant répondre à des journalistes, des amis, ses proches ; il doit d’ailleurs déménager à la fin de la journée, à quelques jours des élections, nous confie-t-il en début d’après-midi. « Je suis un politicien qui est athlétique. Le fait d’être dynamique durant la campagne, ça me permet vraiment de m’adapter, de recalculer, de me repositionner si on a besoin de le faire », avance-t-il.

14 h

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Balarama Holness dans les locaux de la Mile End Community Mission

En après-midi, Balarama Holness rejoint deux autres candidates locales du Plateau-Mont-Royal, Maggie Bolduc et Rebecca Lessard, dans les locaux de la Mile End Community Mission. La directrice de cet organisme venant en aide aux plus vulnérables, Linda Hachey, est catégorique : le « mur bureaucratique » entre le communautaire et les différents ordres de gouvernement doit être simplifié, afin d’augmenter le financement consacré aux groupes comme le sien. Le chef rappelle à ce moment que « 40 % des constats d’infraction remis par le SPVM sont donnés à des itinérants ». « Faites juste vous imaginer quelqu’un qui demande 50 sous aux gens dans la rue, et qui reçoit un ticket de 100 $ », illustre-t-il alors, en rappelant aux intervenants qu’il souhaite une « réallocation » du budget du SPVM – qu’il évalue à environ 800 millions – pour le réinvestir dans le communautaire et le logement social, entre autres.

15 h

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Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal et candidat à la mairie

En route vers chez lui pour terminer sa journée, M. Holness fait le point sur sa campagne, lui qui recueille entre 5 et 12 % des intentions de vote selon les plus récents sondages. « J’ai des objectifs quand même grands. Je veux être dans le double chiffre de candidats élus. Si on est dans le singulier, pour moi, ce ne sera pas nécessairement une grosse victoire. Une victoire serait dans les doubles chiffres », insiste-t-il.

16 h

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Balarama Holness serre la main d'un citoyen lors de sa visite de l’organisme Prévention Sud-Ouest.

Au terme de la journée, on constate que le chef n’a jamais été accompagné d’un attaché de presse ou d’un stratège en communications. « Je viens comme je suis », résume Balarama Holness. « Mon équipe, ils sont plutôt derrière la scène. Nous avons un groupe de consultants, de gens qui font de la communication, de la recherche. Ces personnes-là nous soutiennent, elles sont les piliers de qui nous sommes, mais on ne les voit pas nécessairement », soutient-il. Quand on lui demande de décrire le style de direction qu’il compte mettre en place, M. Holness ne mâche pas ses mots. « Je suis un peu comme le chef dans un restaurant qui va cuisiner, mais aussi faire tout ce qui a rapport avec la gestion de l’entreprise. Jamais il ne va y avoir des gens qui vont gérer Mouvement Montréal au point où je perdrais le contrôle », conclut-il.