Accusée par le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal de manquer de leadership et de ne pas soutenir adéquatement son service de police, la mairesse Valérie Plante se défend, en soulignant qu’elle a maintenu le financement accordé aux forces de l’ordre.

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

« Je souhaite rappeler que, depuis mon arrivée en poste, je suis la mairesse qui a soutenu moralement et financièrement le Service de police de la Ville de Montréal », a-t-elle affirmé en conférence de presse jeudi.

« Quand on regarde le bilan de l’ancien maire Denis Coderre, qui s’est autoproclamé le “shérif en ville”, c’est lui qui a coupé 34 millions de dollars dans le budget du SPVM, et ça a mis à mal l’escouade antigang. »

En 2014, alors qu’il venait d’être élu maire de Montréal, Denis Coderre avait déclaré : « There is a new sheriff in town », en faisant référence à ses relations avec le gouvernement de Philippe Couillard, alors en poste à Québec.

Manque d’effectifs

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal

Mercredi, le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francœur, a fait une sortie pour réclamer des effectifs accrus et un meilleur appui de la part de l’administration municipale.

« Il n’y a pas de leadership actuellement en matière de sécurité publique à l’hôtel de ville de Montréal. Il y a une préoccupation purement électorale », a-t-il affirmé dans nos pages.

La mairesse Plante a réitéré son soutien aux policiers du SPVM, en ajoutant qu’elle était sensible à leurs préoccupations.

Depuis plusieurs jours, son adversaire Denis Coderre martèle que Projet Montréal, le parti de Valérie Plante, est favorable au définancement de la police. « L’heure n’est pas au définancement et désarmement, mais au leadership pour ramener [le] vivre-ensemble », a-t-il souligné dans un gazouillis mardi.

Le débat fait rage à ce sujet depuis que des militants de Projet Montréal ont débattu de la question lors de leur congrès d’avril dernier. Valérie Plante affirme cependant que cette option n’est pas envisagée, en accusant Denis Coderre de « mentir ».

Mais le sujet est revenu à l’avant-scène récemment lorsque Projet Montréal a choisi le controversé Will Prosper, militant prodéfinancement, comme candidat pour le poste de maire de Montréal-Nord.

« Politique de la vie nocturne »

Valérie Plante a répondu aux questions de médias à ce sujet alors qu’elle annonçait un financement de 600 000 $ à l’organisme Mtl 24/24 pour travailler à l’élaboration d’une « politique de la vie nocturne ».

L’annonce a été faite dans une boîte de nuit fermée depuis 18 mois en raison de la pandémie de COVID-19.

« La vie nocturne fait partie du dynamisme de Montréal », a souligné Mme Plante, qui a dit avoir « hâte » que les bars puissent rouvrir leurs portes.

« Depuis 18 mois, confinés dans nos appartements souvent trop petits, attachés à nos écrans, nous, les noctambules, avons perdu ce qui nous permettait de fuir la réalité parfois aliénante de la routine métro-boulot-dodo », a fait valoir le directeur général de Mtl 24/24, Mathieu Grondin.

La nouvelle politique en préparation, qui devrait être prête pour 2022, vise une meilleure cohabitation des usages, ce qui pourrait passer par la révision de certains règlements de zonage.