Réagissant à la crise du logement et à la hausse des prix des loyers commerciaux, qui secouent la métropole, la Ville de Montréal demande au gouvernement provincial de mettre en place des mesures pour mieux protéger les locataires résidentiels et commerciaux.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Pour les loyers résidentiels, le conseil municipal a adopté une déclaration demandant à Québec d’instaurer un registre public des loyers « afin de limiter les hausses de loyer abusives lors de changements de locataires ».

« La crise du logement atteint un niveau préoccupant, avec 63 % des ménages montréalais qui sont locataires, que plus de 36 % d’entre eux ont des difficultés financières à se loger, consacrant 30 % et plus de leurs revenus à se loger, et que 11 % des locataires occupent un logement trop petit pour la taille de leur ménage », a rappelé la mairesse Valérie Plante.

Montréal a connu en 2020 sa plus forte hausse de loyers depuis 2003, soit une moyenne de 4,6 % pour la dernière année, a-t-elle ajouté.

La Ville demande aussi au gouvernement du Québec de réviser les dispositions du Code civil afin de mieux protéger les locataires, et demande sa collaboration pour trouver des solutions au problème des « rénovictions ».

Dans une autre déclaration, on se préoccupe aussi des hausses de loyers des locaux commerciaux, qui ont obligé des petits commerces à mettre la clé sous la porte récemment.

Autre demande de la Ville au gouvernement provincial : rendre obligatoire l’enregistrement des baux commerciaux au registre foncier et mettre en place un bail type pour les locaux commerciaux.

« On a constaté que certains propriétaires abusent de la situation en spéculant de façon éhontée, en augmentant sans vergogne les loyers de petits commerçants », ce qui force certains à jeter la serviette, déplore le conseiller Richard Ryan, président de la Commission sur le développement économique et urbain et l’habitation, qui évoque des hausses de loyers pouvant atteindre 250 %.