C’est aux chants de « non aux sanctions meurtrières contre le peuple iranien » et « non à la guerre, non à la riposte militaire » que des partisans de différents mouvements pour la paix ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal, samedi après-midi.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

« On est là pour manifester contre la menace extérieure de guerre envers l’Iran, mais aussi contre le gouvernement [iranien] qui fait la guerre au peuple », a dit Nimâ Machouf, l’une des porte-parole du Comité de soutien à la lutte du peuple iranien.

Dans ses mains, une pancarte se lisait : « ni peste ni choléra, ni Trump ni ayatollah », pour dénoncer à la fois la menace américaine et le régime de la République islamique.

La manifestation était organisée par plusieurs groupes : les Artistes pour la paix, le Collectif Échec à la guerre et le Mouvement québécois pour la paix. Un grand nombre de slogans et de pancartes mettaient de l’avant la situation en Iran, mais d’autres dénonçaient plus globalement les guerres et invitaient à la solidarité.

De nombreux participants d’origine iranienne ont pris part à la marche, qui s’est terminée devant le consulat américain.

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La peur de s’exprimer ouvertement reste cependant présente pour nombre d’Iraniens, même à l’étranger. « Il y a une terreur du régime même à l’extérieur », a dit l’ancien député de Québec solidaire Amir Khadir, rappelant les arrestations de proches d’opposants.

Mehrdad Amiri, lui-même un ex-prisonnier politique iranien et autre porte-parole du Comité de soutien à la lutte du peuple iranien, a noté que l’escalade de tensions entre les États-Unis et l’Iran, qui a culminé par le raid américain contre le général iranien Qassem Soleimani et la riposte iranienne contre une base américaine en Irak, « a été créée par les deux côtés ».

Ce n’est pas la première fois qu’une manifestation pour le soutien du peuple iranien était organisée dans le centre-ville de Montréal. Mais avec les récents événements – répression sanglante des manifestations contre le coût de la vie en Iran, escalade de tension entre Téhéran et Washington, descente d’un avion commercial par deux missiles iraniens – ont teinté le rassemblement.

Après la vague de répression à la fin de l’année 2019, les Iraniens sont en colère, a souligné Mme Mâchouf.

Et [les responsables iraniens] ont admis qu’ils avaient abattu l’avion après trois jours de mensonges… il y a une énorme rage.

Nimâ Mâchouf

Niousha Mazaheri, une ingénieure de 24 ans arrivée au Québec il y a deux ans, a dit être sur place surtout pour soutenir le peuple de son pays d’origine.

« J’aimerais que les gens comprennent que le gouvernement ne représente pas nécessairement les vues de tous les Iraniens, a-t-elle exprimé. Nous ne voulons pas de la pitié, mais de l’empathie pour les difficultés et les défis que nous vivons depuis 40 ans. »