Pour souligner la fin des travaux du Réseau Express Vélo (REV) et soutenir les commerçants de la rue Saint-Denis, de nombreux citoyens sont venus y faire leurs emplettes et ont fait le trajet à vélo en famille, samedi en avant-midi.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Un convoi familial s’est déplacé à vélo du boulevard Gouin jusqu’au secteur commercial de la rue Saint-Denis sur le Plateau-Mont-Royal. Aux alentours de midi, ils étaient des dizaines. On rapporte en fin de journée que l’évènement a attiré des centaines de personnes.

Frédéric Bataille, Sévérine Lepage et leurs cinq enfants n’avaient que de bons commentaires à partager. Adeptes du vélo, ils sont partis du secteur d’Ahuntsic pour se rendre sur Saint-Denis faire les boutiques. Un trajet d’une durée de 25 minutes.

On est content que ça se passe enfin. On se sent l’esprit tranquille de savoir qu’il y a un large axe sécuritaire pour les enfants.

Frédéric Bataille, citoyen et cycliste

« On peut pédaler plus lentement, se parler et ça nous permet de remarquer des commerces qu’on ne connaissait pas et de s’arrêter. Ça nous encourage à venir magasiner », ajoute sa conjointe.

Plus qu’un loisir

Laurent Deslauriers, porte-parole de Vélo fantôme, abonde dans le même sens. « On a enfin créé un aménagement cyclable digne d’une ville comme Montréal. Désormais, se promener à vélo n’est plus un juste loisir, on peut réellement dire que c’est un moyen de transport. »

M. Deslauriers rappelle les circonstances des décès de Mathilde Blais, frappée par un camion alors qu’elle circulait en BIXI et de Bernard Carignan, mort sur la rue Saint-Denis en tentant d’éviter la portière d’une voiture. « Ces situations sont désormais impossibles avec le REV », pense-t-il.

Grâce aux traverses de rues, le REV est plus sécuritaire pour les piétons, qui sont plus vulnérables aux accidents que les cyclistes, selon lui. « La rue est maintenant calme et apaisée. Si on veut plus de cyclistes, il faut des infrastructures sécuritaires sur leurs trajets. Ça ne peut aller qu’en améliorant. »

En marge de l’évènement, la conseillère associée aux transports actifs de la Ville, Marianne Giguère, a salué les citoyens pour leur implication. « Ça nous fait dire qu’on répond vraiment à un besoin. Si ça fonctionne comme on le croit, on ira chercher plein d’autres usagers qui n’étaient pas cyclistes auparavant », note-t-elle.

« Je pense que les gens sont étonnés, parce que c’est plus qu’ils ne le pensaient, en termes de sécurité et de confort. On n’avait jamais vu ça des citoyens prendre en main un projet, avant même que la Ville en fasse l’inauguration », ajoute Mme Giguère, pour qui le REV rehaussera forcément les exigences des Montréalais envers tous les aménagements cyclables de la métropole.

S’étendant sur 184 km, le REV doit compter à terme 17 axes accessibles. Ceux-ci seront par ailleurs praticables à longueur d’année, incluant la saison hivernale, promet la Ville.