Les BIXI sont de retour dans les rues de Montréal depuis plus d’une semaine, mais les habitués auront noté que ces vélos en libre-service n’ont pas leur allure habituelle. La raison : il n’y a plus de publicités affichées sur la roue arrière. Une situation qui pourrait nuire aux finances du système montréalais.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Les commanditaires se sont succédé au fil des années, et le dernier en date, Manuvie, détenait une entente qui expirait le 31 décembre 2019, explique Bérengère Thériault, de BIXI Montréal.

« Nos partenaires qui sont présents cette année n’ont pas des ententes qui incluent de la visibilité sur les vélos, ajoute Mme Thériault. Nous sommes toutefois encore en discussions pour des ententes cette année. »

Impossible de connaître les revenus exacts que BIXI Montréal tire de l’affichage sur les vélos. « Ces ententes ne sont pas publiques », fait-on valoir.

Dans le rapport annuel de 2018, l’organisme annonçait des revenus de 3,1 millions de dollars en « publicité, partenariats, commandites et autres ». À cela s’ajoutaient 2,9 M$ de contribution de la Ville de Montréal, et 5,1 M$ en revenus d’abonnement et d’utilisation, pour des revenus totaux de 11,1 M$.

La pandémie de COVID-19 pourrait évidemment avoir un impact sur les finances de l’organisme sans but lucratif. En plus des revenus publicitaires, l’achalandage pourrait aussi chuter. La semaine dernière, au moment du lancement de la saison, BIXI Montréal demandait aux usagers d’utiliser les vélos « pour leurs déplacements essentiels ».

On ignore encore les données pour le début de la saison. Les statistiques de fréquentation sont généralement publiées au début de chaque mois. À titre indicatif, en avril 2019, BIXI avait enregistré 36 490 achats d’abonnements et d’accès occasionnels.

« Après quelques jours d’opération [...], il est difficile de prévoir l’achalandage de la saison BIXI 2020. Il faut se donner du temps », écrit Christian Vermette, directeur général de BIXI Montréal, dans un courriel envoyé à La Presse. Même si à court terme, l’impact du contexte de la COVID-19 et de la température défavorable pourrait se faire sentir, le vélo-partage occupe une place prépondérante dans la métropole.

« BIXI a enregistré une croissance majeure au cours des dernières années et le nombre de déplacements a augmenté de plus de 81 % au cours des cinq dernières années. À moyen terme, avec des températures plus clémentes, la fin du confinement ou le retour graduel des activités pour la population, nous prévoyons un retour à la normale et même une hausse d’achalandage, si nous nous basons sur d’autres villes dans le monde offrant le service de vélo-partage et vivant une situation similaire. La population se tourne de plus en plus vers des modes de transport leur permettant d’appliquer les mesures de distanciation sociale. »