Les calèches vont disparaître du Vieux-Montréal dès le 31 décembre prochain. La Cour supérieure a refusé vendredi de suspendre en urgence le règlement municipal de l’administration Plante interdisant les calèches dans la métropole. Les caléchiers ne perdent toutefois pas espoir d’obtenir gain de cause dans une nouvelle demande de suspension.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Ce n’est pas fini. On a une [injonction] interlocutoire à présenter, possiblement avant le 31 décembre. […] On va voir ce qu’un autre juge va nous dire. En espérant qu’il comprenne que la Ville ne peut pas exproprier quelque chose qui existe depuis si longtemps. Elle pourra le faire à n’importe quelle industrie et ça, ça fait peur », a réagi en mêlée de presse l’avocat des caléchiers, Me Audi Gozlan.

« Ils nous enlèvent tout. Ils nous enlèvent notre vie, notre gagne-pain », a lâché Luc Desparois, à la sortie de l’audience. Même s’il est « déçu » de la décision, le propriétaire d’une quinzaine de chevaux de trait à Montréal n’abandonne pas le combat. « On va se battre. Mais aujourd’hui, on va aller respirer. Ça fait un an et demi qu’on vit avec cette menace », a-t-il réagi.

Les caléchiers réclamaient d’abord la suspension du règlement pour une période de 10 jours, puis son annulation pure et simple. Or, selon le juge Michel A. Pinsonnault, les caléchiers ont créé « artificiellement » une urgence par leur « inaction » à déposer leur recours, alors que le règlement a été adopté le printemps dernier. De plus, la Cour doit assumer à cette étape que le règlement a été adopté dans l’intérêt public, soutient le juge Pinsonnault.

« Malgré toute la sympathie » du juge à l’endroit des caléchiers, ceux-ci auraient dû déposer leur requête dans un « délai normal ». Il est « invraisemblable » que les caléchiers aient ignoré pendant des mois que leur permis arriverait à échéance le 30 décembre prochain, maintient le juge.

« On avait une raison d’être à la dernière minute, on était menacés par la Ville. […] On n’avait pas les moyens, il fallait ramasser l’argent », a rétorqué Luc Desparois, en mêlée de presse.

Selon les caléchiers et les cochers, le règlement municipal est « invalide et illégal » puisqu’il s’agit d’une expropriation déguisée. Ainsi, le règlement a un effet « dévastateur » sur leur commerce légitime. De plus, ils ne recevront aucune compensation financière.

Le règlement municipal offre toutefois 1000 $ aux propriétaires pour placer les chevaux dans des familles adoptives avec la collaboration de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA). Une somme jugée ridicule par certains cochers.  

Lors de la dernière séance du conseil municipal, lundi dernier, la mairesse Valérie Plante a défendu son règlement municipal. « L’injonction ne m’inquiète pas. On a pris le temps de bien écrire le règlement, on a accordé une période d’adaptation », a-t-elle affirmé.