La Société de transport de Montréal (STM) va devoir louer 50 autocars de type « coach » pour remplir ses engagements auprès des milliers d’usagers des trains de banlieue qui n’auront plus accès au centre-ville de la métropole à compter du 6 janvier prochain.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

La STM s’était engagée en septembre à fournir 50 autobus avec chauffeurs pour aider à assurer des services compensatoires pour les 18 000 usagers quotidiens des lignes Deux-Montagnes et Mascouche, qui verront leur trajet habituel interrompu à une dizaine de kilomètres de leur destination en raison de la fermeture du tunnel ferroviaire sous le mont Royal.

Toutefois, la STM a si peu d’autobus disponibles pour offrir des services complets à ses propres usagers en période de pointe qu’elle a dû mettre en œuvre un « plan B », soit de louer « 50 autobus de type autocar, qui vont [lui] permettre de remplir [son] engagement dans ces mesures de mitigation ».

Les autocars de type « coach » sont des véhicules généralement utilisés pour assurer des liaisons interurbaines, comme celles de Greyhound ou d’Orléans Express. Le directeur général de la STM, Luc Tremblay, a indiqué qu’on ne savait pas encore exactement où ces autocars seraient utilisés dans le cortège de mesures mises en place pour compenser l’interruption des deux trains de banlieue.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Luc Tremblay, directeur général de la STM

Le 6 janvier 2020, le tunnel sera définitivement fermé aux trains de banlieue pour être complètement transformé et modernisé de l’intérieur, afin de remplir les exigences de sécurité et les besoins techniques du futur Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

En attendant la mise en service complète du REM sur l’antenne Deux-Montagnes, dans quatre ans, les autorités métropolitaines ont mis sur pied des services de remplacement, dont des autobus assurant des liaisons directes vers le centre-ville de Montréal, mais seulement hors des périodes de pointe. En pointe du matin, des navettes par bus rabattront les usagers des trains vers les stations de métro les plus accessibles.

Peu de détails

La STM avait peu d’information à révéler sur son « plan B », vendredi. Les véhicules comptent de 50 à 55 places, soit un nombre de places très semblable à celui d’un autobus urbain habituel. L’entente de location est prévue pour trois mois, « mais pourrait se terminer avant, ou encore être reconduite au besoin », a indiqué un relationniste de la STM.

Les détails du contrat n’étant pas finalisés, la STM n’a révélé ni le nom du locateur ni le coût engendré par cette mesure qui « sera incluse dans l’enveloppe ministérielle prévue pour les mesures de mitigation du REM », qui totalise déjà 192 millions.

139 bus manquants

Malgré un parc de véhicules comptant plus de 1800 autobus, la STM est incapable depuis des mois d’assurer les services complets à ses usagers en périodes de pointe. Il faut 1425 autobus en état de rouler pour assurer les services en pointe. En pointe du matin, jeudi, il n’y en avait que 1286, en raison des centaines d’autobus immobilisés pour entretien. Vendredi matin, il y en avait six de moins, soit 1280, selon le site internet de la STM. C’est 10 % de moins que le minimum nécessaire pour assurer les services promis à la clientèle.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Malgré un parc de véhicules comptant plus de 1800 autobus, la STM est incapable depuis des mois d’assurer les services complets à ses usagers en périodes de pointe.

De l’air en janvier

Devant les élus de la Commission sur les finances de la Ville de Montréal, vendredi, le directeur général de la STM, Luc Tremblay, a attribué ce manque chronique de bus aux travaux majeurs de réaménagement effectués dans ses garages, depuis 2018, pour intégrer 300 nouveaux bus hybrides à son parc. Selon M. Tremblay, la remise en service du centre de transport Saint-Denis, en janvier, et la fin des travaux d’agrandissement du centre de transport Legendre, l’automne prochain, « vont donner beaucoup d’air », en permettant de récupérer des espaces d’entretien perdus.

Davantage de sous-traitance

La direction de la STM va aussi augmenter son recours à la sous-traitance pour réduire la proportion des autobus immobilisés, qui touche actuellement 20 % du parc de véhicules. M. Tremblay a révélé qu’une entente temporaire avait été conclue avec le fabricant de moteurs Cummins pour qu’il prenne en charge l’entretien des moteurs. Des ententes de la même nature sont en cours pour l’entretien de composantes spécialisées des bus articulés, et pour l’inspection des autobus à l’externe. « Ça ne fait pas plaisir au syndicat [des employés d’entretien], mais ça va continuer jusqu’à ce qu’on retrouve un niveau d’autobus suffisant pour assurer les services », a déclaré le directeur général.

« Légendes urbaines », les pannes du métro ?

La perception d’une partie du public selon laquelle « le métro de Montréal est toujours en panne » relève de la légende urbaine, a assuré vendredi le président de la STM, Philippe Schnobb. « En date du 31 octobre, a-t-il dit, on a presque 20 % moins d’arrêts de service qu’en 2018. C’est clairement une légende urbaine. Des arrêts de service, il y en a moins que l’an dernier, il y en a même moins que dans tous les métros de taille comparable. La moyenne est d’à peu près 20 incidents par million de kilomètres parcourus. Cette année, on est rendu à 10. »