La piste multifonctionnelle du pont Jacques-Cartier sera déneigée sur toute sa longueur pour la première fois, l’hiver prochain, au bénéfice d’un groupe restreint de 25 cyclistes, qui testeront la qualité du déneigement et la sécurité des déplacements hivernaux à vélo entre Longueuil et Montréal.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

La société fédérale des Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCCI) consacrera un peu plus de 700 000 $ à cette expérience qui permettra d’évaluer les conditions d’utilisation sécuritaires de la piste, les coûts de son entretien et le niveau de service qu’il serait envisageable d’offrir, éventuellement, à un plus large public.

« C’est la première fois qu’on va entretenir la totalité des trois kilomètres de cette piste-là, et c’est la première fois qu’on va l’entretenir tout un hiver », affirme la directrice des communications de PJCCI.  « Ce sera aussi la première fois qu’on aura des cyclistes qui vont contribuer au projet, en traversant le pont le plus souvent possible, quand les conditions vont le permettre. »

Les 25 cyclistes choisis devront signer un accord de participation volontaire et bénévole avec PJCCI. Ils recevront chaque jour, avant la période de pointe du matin et avant celle de la fin de la journée, un courriel qui les informera de l’ouverture ou non de la piste cyclable. L’accès à la piste sera toujours bloqué par une clôture, mais les volontaires en auront la clé. À chaque courriel sera joint un court questionnaire « qui leur permettra de commenter l’état de la piste au moment de leur traversée ».

Pour les autres cyclistes, la navette VéloBus Jacques-Cartier sera remise en service. Contrairement à l’an dernier, la navette partira du pied du pont Jacques-Cartier où se trouve l’accès à la piste cyclable, du côté de Longueuil, et se rendra à la station de métro Papineau, à Montréal.

Une première expérience de déneigement menée l’hiver dernier s’est avérée « non concluante », assure Mme Lessard.

« C’est une piste à la géométrie très particulière. Elle est étroite, il y a des pentes abruptes, des virages très serrés. Et comme elle est située au-dessus du fleuve Saint-Laurent, exposée aux grands vents et à l’humidité, les conditions [de circulation] sont très changeantes. »

La structure du pont rend aussi son déneigement très compliqué, dit la porte-parole de PJCCI.

« Pour une grande portion du pont, qui fait trois kilomètres, ce serait possible de souffler la neige dans un camion qui va rouler juste à côté dans la voie adjacente à la piste. Mais dans la section de la superstructure en acier qui est illuminée, on ne peut pas souffler de la neige sur la structure. Cela pourrait endommager la peinture qui protège l’acier, mais aussi les équipements d’illumination du pont. »

« Et cette portion-là, ajoute-t-elle, fait 600 mètres de long. On ne peut pas juste pousser la neige par en avant, c’est bien trop long, et on ne peut pas souffler la neige dans le fleuve non plus. »

Selon la société fédérale, ce projet permettra enfin d’évaluer le niveau de service qu’on pourra éventuellement offrir sur le pont Jacques-Cartier. « Est-ce que la piste cyclable sera ouverte 25 % du temps, 45 % ou 75 % du temps ? C’est ce qu’il faudra aussi évaluer, en tenant compte des coûts de l’entretien, évidemment. »