Une cinquantaine de manifestants pro-immigration se sont donné rendez-vous ce midi devant les bureaux de la firme d’architectes Lemay pour faire valoir leur opposition à la construction d’un nouveau centre de détention pour migrants à Laval.

Dominique Talbot Dominique Talbot
La Presse

L’entreprise a obtenu un contrat de l’Agence des services frontaliers du Canada dans le cadre de la construction de la prison qui devrait ouvrir ses portes en 2020.

« Nous sommes ici pour demander à Lemay de retirer sa participation à la construction de la prison. Nous pensons que c’est injuste et nous sommes contre ce principe. Cela vise des gens avec un statut précaire », a dit à La Presse Eloy Rivas, membre du comité anti-détention du collectif Solidarité sans frontières, organisateur de la manifestation.

D’origine palestinienne, Omar ben Ali dit avoir passé trois semaines dans l’actuelle prison à son arrivée en 2008. Il s’oppose lui aussi à ce qu’elle soit remplacée par une nouvelle l’année prochaine. « Mon message, c’est que le Canada est un grand pays et que les gens sont bons. Nous pouvons vivre ensemble. Ces prisons doivent fermer, car elles sont une honte. Le gouvernement devrait plutôt construire des écoles, des hôpitaux ou des refuges pour les pauvres. »

Les quelques policiers sur place n’ont pas eu à intervenir et les manifestants se sont dispersés dans le calme un peu après 13 h.

De nombreux incidents ont eu lieu depuis l’annonce de la volonté de l’Agence des services frontaliers du Canada de moderniser ses installations à Laval. Le dernier en lice remonte au mois de juin dernier, lorsque la voiture du vice-président de Lemay, André Cardinal, a été incendiée devant sa demeure. Un geste revendiqué par des militants d’extrême gauche sur une plateforme baptisée Montréal contre-information.

Ce midi, M. Rivas de Solidarité sans frontières n’a pas voulu condamner le geste. « Nous ne savons pas qui a fait ça et nous ne sommes pas impliqués dans cet incident. L’oppression et la violence que représente le fait d’être emprisonné peut occasionner différents types de réponses chez les gens, surtout ceux qui vivent dans un statut précaire », s’est-il contenté de dire.

En mars dernier, c’est la voiture de la présidente de Sodexo Canada qui a été vandalisée à Brossard. Les militants reprochent à l'entreprise de gérer des centres de détention ailleurs sur la planète.

Ni Lemay ni l’Agence des services frontaliers du Canada n’ont accepté de commenter la manifestation.

Une version antérieure de ce texte indiquait que la voiture de la présidente de Sodexo Canada avait été vandalisée en mars et que l'entreprise avait été retenue pour gérer les services alimentaires du nouveau centre de détention pour migrants de Laval. C'est inexact. La voiture de la présidente a été vandalisée, mais les militants qui ont revendiqué le méfait reprochent à Sodexo de gérer des centres de détention ailleurs sur la planète. L'entreprise n'en gère pas au Canada.