La première navette sans chauffeur de Montréal est maintenant prête à accueillir les passants. Passagers, montez ! 

Morgane Gelly 
La Presse

Le projet pilote a été initié par la ville de Montréal qui a reçu une subvention dans le cadre de la Politique de mobilité durable du Gouvernement du Québec. Des premiers essais ont été menés entre septembre et décembre 2018 dans le Parc olympique mais c’est la première fois que le véhicule se joint aux usagers de la route.

« Est-ce qu’on peut entrer ? », demande une passante. Après deux semaines de tests, la première navette sans chauffeur de Montréal ouvre ses portes au public. Le premier arrêt est situé sur l’avenue Pierre-de-Coubertin, au croisement de la rue Bennett dans Hochelaga. Pas besoin de payer pour monter. En route !

La navette longe le Stade olympique, tourne sur l’avenue Letourneux, où elle se mêle à la circulation et file en direction du marché Maisonneuve.

À l’intérieur de la navette rouge, six sièges et deux appuis en bois clair accueillent jusqu’à huit passagers. Une rampe peut être déployée pour faciliter l’accès des poussettes et des personnes à mobilité réduite.

Le véhicule électrique est une belle solution de rechange à la voiture pour un court trajet, dit Danaé Blais, athlète en patinage de vitesse. « Quand il pleut, c’est parfait ! C’est exactement le chemin que je fais chaque jour pour aller m’entraîner. »

Radars, caméras et GPS permettent à l’engin de se repérer. « Je trouve ça impressionnant que ce soit tout automatique, s’exclame l’athlète. Je me sens en confiance. On ne va pas trop vite. » Programmée pour rouler à 20 km/h, sa vitesse a été réduite à 10 km/h pour garantir confort et sécurité, explique Michaël Brochu, policier conseiller à la sécurité routière. Le voyage est plutôt fluide, malgré les arrêts parfois un peu secs.

Un opérateur est toujours présent dans la navette, prêt à intervenir. Il s’assure du bon fonctionnement de l’engin, explique Michel Hardy, chef opérateur. La navette est capable de détecter les obstacles et de s’arrêter seule, mais le freinage peut être brusque, précise-t-il. L’opérateur peut déclencher un arrêt plus doux s’il anticipe un danger. Il peut aussi passer en mode manuel pour contourner des obstacles.

« C’est un projet pilote de six semaines, explique le policier, M. Brochu. L’objectif est d’évaluer l’impact de la navette et de trouver des solutions pour la rendre viable en assurant la sécurité et le respect des usagers de la route. » Des panneaux signalent la présence du véhicule dans l’avenue Letourneux et aux intersections.

Deux navettes circuleront jusqu’au 4 août, du lundi au dimanche, de 8 h à 18 h. Il faut compter environ huit minutes entre chaque passage. La navette est gratuite et effectue des arrêts à chaque intersection entre la place Gennevilliers-Laliberté au marché Maisonneuve et le Stade olympique. Ouvrez l’œil et tendez l’oreille, vous entendrez peut-être retentir sa clochette, rappelant les vieux tramways qui circulaient jadis à Montréal.