L’entente de principe intervenue entre le Syndicat des professionnels municipaux de Montréal et la Ville le 6 juin dernier, ne tient plus, a appris La Presse. Les parties demeurent toutefois ouvertes à signer une convention collective attendue depuis cinq ans.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

L’interprétation d’une clause concernant des congés pour la conciliation travail-famille est au cœur du litige. Deux jours de congé séparent donc les syndiqués et la partie patronale.

« C’est dommage, car on est près du but », a déclaré la présidente du Syndicat des professionnels municipaux de Montréal, Anne Dorais.

Au moment de présenter l’entente de principe à l’ensemble des 2200 membres du syndicat (professionnels les domaines variés comme les sciences, le développement économique, social, culturel et sportif, les finances, l’aménagement du territoire, les technologies de l’information, les communications, la bibliothéconomie, l’évaluation foncière et la gestion immobilière), la Ville a précisé son interprétation de ce qui avait été accordé.

Ainsi, les deux jours de congé étaient ceux prévus par les changements entrés en vigueur le premier janvier dernier dans la Loi sur les normes du travail. Or, assure Mme Dorais, les deux congés sont en sus de ceux maintenant prévus par la Loi.

« Ce qui a été dit et convenu à la table des négociations est clair. Il y a des écrits qui l’attestent », insiste la présidente syndicale. Devant la situation, l’équipe syndicale a rejeté l’entente et en a prévenu la Ville.

De son côté de la Ville, on parle d’un « imbroglio […] qui est à l’origine de la volte-face syndicale ». « La Ville est déçue de la tournure des événements et déplore la décision syndicale. Spécifions qu’il n’y a eu aucune modification apportée par la Ville quant aux termes ou aux éléments de l’entente de principe », indique le relationniste de la Ville, Gonzalo Nunez.

Ce dernier précise que la Ville a offert de résoudre la mésentente par un arbitrage de différend. Mme Dorais souhaite plutôt avoir une discussion franche pour régler la situation ; elle dit avoir tendu la main au directeur général, Serge Lamontagne, hier.

« C’est une erreur, pour des raisons d’incompétence ou stratégique. Je ne sais pas, mais malgré cela, c’était une excellente entente. C’était gagnant pour la Ville et pour nos membres.

Depuis février 2014, le Syndicat a rejeté à trois reprises les offres patronales. La dernière ronde de négociations avait toutefois permis de régler la question des hausses de salaire. La priorité des professionnels concernait d’abord la reconnaissance du rôle des professionnels et l’obtention de congés en matière de conciliation travail-famille.

M. Nunez a rappelé la volonté de la Ville de renouveler la convention collective de ses professionnels